Tu as été de tous les combats de la Gauche depuis le milieu du 20e siècle.
Tu as fait la Gauche autant qu’elle t’a fait. Cet itinéraire d’un enfant de la gauche, tu l’as suivi les yeux ouverts avec une analyse critique, sans te départir de l’intérêt général qui a présidé à ton quinquennat de 1er ministre.

Tu as toujours été lucide sur nos victoires et nos défaites, même les plus cruelles.

Tu as été un premier secrétaire militant, éclairé et surtout éclairant, mais intransigeant sur l’indépendance du PS. Le monde a changé et nous a changé, disais-tu, mais tu n’as jamais changé d’engagement jusqu’à ton dernier souffle.

Tu nous as enseigné que la politique procédait de la conviction et était un art d’exécution.

Ton parcours, ton éthique tout autant que ton action au pouvoir resteront dans l’histoire de la France et un exemple pour les générations à venir. Pour eux, tu feras partie des plus grands. Pour moi, simplement le souvenir de nos conversations sans fin, la précision de ton analyse procédant du monde pour aller à la gauche sans pathos ni mesquinerie, plus raisonneur que docte, nos fous rires, toi l’austère dupe de rien qui aimait tant se marrer en « posant son sac ». Tu ne croyais pas aux forces de l’esprit mais tu resteras dans le nôtre.

Mon absolu respect Lionel. Adieu !