4086 Jours de guerre en Europe
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1/ Bardella va-t-il gagner ? 2/ Tensions dans le Pacifique. 3/ Faut-il avoir recours au 49.3 ? 4/ RÉPLIQUES # CNews #Mélenchon et #antisémitisme #Algérie contre-attaque
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1/ Bardella va-t-il gagner ?
Tout milite pour la victoire de l’extrême droite à l’élection présidentielle et encore plus aux législatives si elles devaient intervenir avant terme. Pour autant, « inéluctable » n’est pas politique, tant celle-ci est œuvre humaine et tributaire des aléas de la vie.
Que ce soit les sondages qui rappellent ceux de la vague Mitterrand en 1981. Que ce soit l’hégémonie culturelle des thèmes de la « nouvelle droite » immigration, identité, insécurité, entièrement revisités par la préférence nationale. Que ce soit la vague planétaire du national populisme. Ou encore la « synthèse » dans le chemin politique du RN, entre instrument du dégagisme et promesse de stabilité devant les désordres de la France. Notons aussi l’explosion du paysage politique attestée par les sondages où le second de Bardella plafonne à 17 pts alors que le président du RN tutoie les 35 ou 36 %. L’archipellisation de l’espace public politique autour de personnalités « île » sans capacité ni possibilité à maîtriser le débat politique face à l’extrême droite. La banalisation, pour tout dire l’institutionnalisation du RN, est grandement due à l’abandon de tout cordon sanitaire par la droite. Cette stratégie du boa censée étouffer et digérer le RN en l’enserrant dans une proximité thématique tout en se distinguant par le prétendu savoir-faire gouvernemental. Sans oublier la hantise du métissage et la grande peur du remplacement. Enfin et avant tout, la colère française face à l’incurie et qui sous-tend le fameux « eux, on ne les a pas essayés ». En fait, si, nous avons déjà eu Pétain, mais les Français ne veulent pas s’en souvenir. Cette amnésie est en soi une indication.
Face à tant d’arguments, il y a ceux qui ne veulent pas voir l’étendue des dégâts croyant à une « ligne Maginot » « les Français ne peuvent faire cela ». Ceux qui se rassurent à bon compte en trouvant des biais dans les sondages trop tôt, trop biaisés ou trop peu sondés. Ceux qui balaient de manière péremptoire « ça n’existe pas ». Il y a enfin les obsédés du nombril de leur candidat à la présidentielle trop groupie pour être lucide.
La lucidité dans cette affaire est de considérer la chose possible, mais de reconnaître que « les seuls combats perdus d’avance sont ceux qui ne sont pas menés » comme nous enseignait Vaclav Havel dans sa lutte contre le totalitarisme.
Alors que faire ?
Face à une force qui va, il faut une force qui attire.
Le bon sens commande de ne pas penser comme Monsieur Retailleau, qui croit qu’en produisant le même discours, on fait barrage alors qu’on est passerelle. On ne peut quand même pas espérer faire obstacle avec le macronisme « force du passé et du passif » en voie de dislocation – Macron après avoir gouverné par des plébiscites anti-RN a refusé le Front républicain contre l’extrême droite. On ne voit pas comment ce camp rassemble le pays après l’avoir tant divisé.
À gauche la nouvelle donne tient au fait que « Mélenchon-repoussoir » retourne à l’épure de la gauche radicale depuis 2002. Et au second, il est écrasé par le jeune premier d’extrême droite, non seulement il ne fait pas rêver mais il fait peur. Quant à la primaire dite de « Bagneux », où se pressent ceux qui font moins de 5 % dans les sondages, elle n’aurait ni le soutien de la gauche responsable ni de la gauche radicale. Dans les conditions actuelles ainsi outillées, il n’y a aucune chance qu’elle accède au second tour et, quand bien même elle le serait, une étrange radicalité factice la rend impropre à rassembler les Français. Et puis son argument « la gauche divisée c’est la gauche éliminée » ne tient pas. Elle a toujours été divisée à la présidentielle, cela ne l’a pas empêchée de l’emporter. La gauche est d’ores et déjà coupée en 3 tronçons et ce n’est pas en tapant du pied que Marine Tondelier impose l’union de tous sur le programme de Mélenchon. Elle n’y peut rien, la cheftaine des Verts, le nombre des opposants dans la gauche à la « petite primaire » est supérieur à ceux qui la soutiennent. Ce n’est pas en alignant des sigles que l’on impose une légitimité.
Il reste un espace, un chemin, une voie, celle d’une gauche qualifiable pour le deuxième tour dont le rejet par la droite ne serait pas insurmontable parce qu’elle sait rassembler et gouverner. Elle peut même catalyser les déçus du macronisme et les dégoûtés du mélenchonisme au premier tour et pourrait de ce fait rassembler les Français au second. Une fédération des gauches démocratiques et républicaines serait celle du remembrement des gauches de transformation responsable, suffisamment à gauche pour la rassembler, suffisamment responsable pour rassembler un pays dans la tourmente. Cette « responsabilité exigeante » qui lie la fin et les moyens.
Lancée lors des journées de « Debout les socialistes » [H. Geoffroy] à Lyon le week-end dernier, la « fédération » a eu l’agrément de B. Cazeneuve, F. Hollande, R. Glucksmann, C. Delga, N. Mayer Rossignol et donc H. Geoffroy. Elle pourrait s’ouvrir à d’autres chez les macronistes de gauche désormais orphelins ou les écologistes. Pour l’instant O. Faure n’a pas répondu à cet appel. Il sera contraint de le faire. Il n’y a aucune raison qu’il ne mette pas en adéquation sa pratique du compromis au Parlement et la nature de l’offre présidentielle des socialistes. Il est temps pour lui de fermer le choix de la gauche de rupture qui, de toute façon, va être impactée par des municipales où les écologistes vont être sanctionnés pour leur « compagnonnage volontaire » avec Mélenchon. Déjà des voix historiques des écologistes demandent le retour à l’écologie de gouvernement. Comme le dit B. Cazeneuve « il faut remettre de l’ordre dans la maison de la gauche ». On pourrait même dire que le seul moyen de rassembler la gauche non mélenchoniste est de passer par la gauche responsable exigeante. La fédération est une voie qui restaure la confiance et l’espoir de la sortie du marasme que traverse la France. À condition que les tenants de cette fédération – qui aurait d’autant plus de force si le PS en était – sachent au final choisir le bon candidat-e qui puisse apaiser et barrer la France par gros temps. C’est ce qu’on appelle l’alternative.
Il n’y aura pas d’alternative dans un simple rejet du RN ou la stigmatisation du caractère inculte de son chef Bardella. Certes le garçon n’a pas fait de mal aux livres, pas plus que Sarkozy avant qu’il ne découvre La Princesse de Clèves. Cet argument déployé par Thierry Breton fleure bon la défense de l’aristocratie diplômée, qui n’a pas un bilan tel qu’il pourrait plier l’affaire. C’est en outre une méconnaissance des ressorts du populisme. C’est reproduire les mêmes erreurs que face à B. Johnson ou D. Trump, le cercle de la raison disqualifiant le peuple.
On ne construit pas une dynamique qui donne confiance de cette manière, mais en bâtissant une force, un projet et un programme.
Le projet est une réponse à celui de l’extrême droite, qui est la préférence nationale face aux 3 i, immigration, identité, insécurité. Il faut lui opposer la préférence sociale républicaine qui fasse rimer l’égalité réelle, la liberté ordonnée, la fraternité laïque. Et ne pas avoir peur de se revendiquer d’une société juste dans une République impartiale.
Mais on ne peut rester dans les cintres de l’idéologie. Sans pour autant mépriser le dessein, il faut descendre sur la scène. Avec une idée toute simple : aucune question n’épuise le débat français, mais toutes les questions sont légitimes. La victoire contre la vague national-populiste n’est possible qu’en répondant aux questions des Français en ayant une méthode, celle du compromis, vertébrée par une visée ou, si vous préférez, une vision pour la France. L’alternative à l’extrême droite c’est projet contre-projet sur le type de société, les réponses aux problèmes qu’elle implique et la méthode qu’elle requiert. En parallèle à la fédération des énergies, tout l’effort doit donc porter sur l’innovation des solutions. Et là il faut opposer à la dénonciation pratiquée par le RN les solutions sociales-démocrates. Si les démocrates ont gagné récemment contre les républicains-MAGA aux États-Unis c’est qu’ils ont défendu une « gauche du quotidien » : éducation, santé, retraites, services publics, désindustrialisation, budget, immigration, sécurité, transport, transition écologique, que sais-je. Pas de clé magique autour d’une formule, mais un ensemble de réponses qui construit un choix. C’est la clé, si le rejet de l’extrême droite et sa vision nationaliste régressive restent nécessaires. Le rejet conforte un camp aujourd’hui minoritaire, il faut aller au-delà. Et c’est seulement si on conduit à un choix étayé que l’on peut espérer rassembler et l’emporter.
La gravité des problèmes auxquels est confrontée la France fera le reste… À commencer par la guerre qui vient après une paix poutinienne qui s’annonce en Ukraine. Et là oui on doit mettre les Français devant leur responsabilité. On ne peut avoir un président ayant un fil à la patte avec Poutine. (L’extrême droite a été financée par les banques russes ou avec le soutien de celles-ci). La défense de la France mérite un président intègre. Cet argument de deuxième tour peut rassembler les républicains, voire les patriotes.
Nous avons donc notre destin entre nos mains. Il faut arrêter de raser les murs en ayant déjà signé la défaite ou regarder autre part en estimant qu’elle n’existe pas. Cela s’appelle affronter les événements et, de nos jours, les éléments déchaînés.
Le paysage politique français n’est pas figé même si les lignes forces sont là. On prévoyait 3 ou 4 régions au RN lors de l’élection, cela n’a pas été le cas. On prévoyait la victoire du RN aux législatives, cela n’est pas arrivé. Et si nous perdions la bataille de la présidentielle, il faut encore une force dans la République pour la défendre. Nous n’en sommes pas là. Il faut d’abord surmonter l’obstacle du budget où la majorité LR du Sénat déroge à son rôle de modération en jouant les irresponsables affolés que l’Assemblée ait pu suspendre la réforme des retraites et prendre quelques mesures pour protéger les Français financées par un effort des plus aisés. Comment tout cela se termine ? Nul ne le sait. Mais il faut un budget et éviter la dissolution si on prétend faire barrage au RN. Car c’est précipiter le pays dans la tourmente et, pour la gauche, des municipales après une poussée sûrement victorieuse de l’extrême droite, c’est la bérézina. En tout état de cause, ce rendez-vous électoral va impacter la vie politique et rebattre les cartes.
Alors au boulot, la République en vaut la peine, rien n’est perdu même si le danger est là. Je relisais il y a quelques jours le discours prononcé par François Mitterrand dans la petite salle du conseil municipal de Liévin le 19 novembre 1994. L’atmosphère était chagrine pour les socialistes en marge de leur congrès à la vue du vieux président affaibli par la maladie et dans une conjoncture délétère. Il prononça ces mots qui ne sont pas un testament, mais un guide pour l’action. La victoire ? « Vous la rencontrerez que si vous la forcez. C’est une affaire de volonté, de continuité et de clarté d’esprit, dans la fidélité aux engagements qui sont les vôtres. » Tout est dit.
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2/ Le ton monte dans le Pacifique
La très nationaliste Première ministre japonaise Madame Sanae Takaichi a mis le feu aux poudres en déclarant le 7 novembre à Tokyo « une opération armée contre Taïwan pourrait justifier une intervention militaire japonaise ». Nous sommes loin des propositions de venir à Nankin pour s’excuser des massacres chinois par l’armée impériale japonaise [13 décembre 1937 au 10 janvier 1938] qui étaient à l’ordre du jour il y a une dizaine d’années. La Thatcher japonaise, c’est son surnom, a même ajouté que Taïwan touchait l’intérêt vital du Japon. Elle faisait ainsi référence à la Constitution qui subordonne la remilitarisation à la défense des intérêts vitaux. Un fort courant nationaliste milite pour cela au Japon.
Les Chinois qui estiment que Taïwan fait partie intégrante de la Chine ont immédiatement répliqué, en dénonçant le retour du militarisme japonais. Joignant le geste à la parole, un drone chinois a survolé l’île japonaise Yonaguni, la plus proche de Taïwan. Tokyo a répliqué en envoyant des avions sur l’île et le ministre de la Défense S. Koizumi a indiqué que le Japon s’apprêtait à installer des missiles sol-air sur ces lieux.
La Première ministre japonaise a agi de la sorte pour des raisons intérieures. Le Japon n’échappe pas à la vague national-populiste d’exclusion. Mais la Chine, en surréagissant, teste la solidité du soutien américain à ses alliés au vu de ce que pratique Trump dans la guerre d’agression russo-ukrainienne. Le président américain engagé dans un plan de paix aux couleurs de Poutine est embourbé dans l’affaire Epstein qui provoque les premières dissidences dans le Parti républicain. Le pari chinois est que Trump sera prudent dans sa réponse aux provocations. Mais se dessine une ligne de faille de plus en plus dangereuse où la pression chinoise s’exerce sur Taïwan et les pays asiatiques choisissent leur camp. Ce monde inquiétant sent vraiment la poudre.
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3/ Faut-il avoir recours au 49.3 ?
Lors d’un colloque sur nos institutions à l’hôtel de Lassay et présidé par Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, en janvier 2017, le président de la République François Hollande affirmait la nécessité de garder dans le dispositif constitutionnel le 49.3. Quelque temps plus tard, Manuel Valls, candidat à la primaire du PS et des Radicaux, proposa de le supprimer. Il y a peu, revenant sur le sujet, Lionel Jospin déclara que le 49.3 était aussi « une protection de l’opposition ». Le PS, parti parlementaire par essence, a toujours eu des problèmes avec cet article typiquement 5e République qui marque la primauté de l’exécutif sur le Parlement. Michel Rocard, 1er ministre, y eut recours de nombreuses fois, Lionel Jospin jamais. Le problème n’est pas le 49.3 en soi mais l’usage qu’on en fait. L’utiliser à répétition peut bâillonner l’Assemblée, refuser de l’utiliser devant l’instabilité parlementaire peut être irresponsable. Dans le moment que nous traversons, ce n’est pas l’abandon du 49.3 qui fut le point décisif, mais la suspension de la réforme des retraites. Cette mesure commandait le renoncement à la motion de censure d’emblée par les socialistes. Il s’agissait aussi d’une épée de Damoclès sur l’exécutif pour obtenir de gommer les aspects les plus néfastes dans le budget. Ce n’est pas l’abandon du recours au 49.3 qui a induit un débat parlementaire ouvert. C’est la prise en compte par le Premier ministre que passer en force sur des mesures orthogonales à l’opposition socialiste conduisait tôt ou tard à la censure, la chute du gouvernement, la dissolution. Si le budget du gouvernement en restait une copie irresponsable de la droite sénatoriale, avec ou sans 49.3, le gouvernement tombe. Mais le retour au budget transmis au Sénat avec les amendements socialistes votés et la suspension de la réforme des retraites n’en fait pas un budget de compromis, la preuve, entre autres, l’Assemblée a voté quasiment à l’unanimité contre le volet recettes. Il s’agit d’un budget Bayrou amendé et en partie transformé par la suspension de la réforme des retraites. C’est cela le compromis : la suspension de la réforme des retraites contre une non-censure sur le budget. Est-ce que l’obtention de la dernière revendication des socialistes, à savoir l’impôt forcé pour les plus aisés, serait de nature à faire un bon compromis ? Indépendamment de ce que l’on peut penser de cette mesure, si elle était obtenue, elle impliquerait ipso facto la nécessité pour les socialistes de voter le budget. Car, même s’ils s'abstiennent, cela ne serait pas suffisant en l’absence de l’abstention des écologistes et du PCF. C’est donc faire porter aux socialistes la responsabilité de l’issue dans une situation où, ainsi amendé, il est peu probable que LR et une partie de Renaissance votent le budget. Il vaudrait mieux s’assurer de ne pas être battus. Et voter seuls avec les macronistes promet un débat socialiste rock and roll. Dans une situation où ce budget n’a pas été d’emblée une démarche de co-construction, mais que ledit budget démontre des avancées qui n’en font pas pour autant un budget de compromis, le vote va se heurter à de grandes résistances à gauche comme à droite. Le Premier ministre a fermé la route de la loi spéciale qui ne satisferait personne et déboucherait sur la censure. Les ordonnances ne sont pas plus parlementaires que le 49.3 et subiraient le même sort. Alors, la voie la plus sage est celle ouverte par le député de Corrèze F. Hollande, suggérant au gouvernement le recours au 49.3. Il peut ainsi passer outre l’hostilité de son camp et laisse au PS la possibilité d’indiquer en quoi le texte du gouvernement n’emporte pas sa conviction, mais, comme il comporte la suspension de la réforme des retraites et certaines avancées, il ne votera pas la censure. La France a un budget et il n’y a pas de dissolution. Le PS est utile au pays, aux Français et à la gauche par ce qu’il a obtenu, sans pour autant prêter le flanc aux critiques du reste de la gauche, puisqu’il semble que ce soit l’obsession des Fauristes.
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RÉPLIQUES
- On a oublié que le passage de i-Télé à C News n’était pas seulement un changement de sigle mais de ligne. Ce qui avait provoqué une longue grève des journalistes, comme ce fut le cas dans un autre média, le JDD, où la purge fut sévère. La ligne éditoriale du groupe Bolloré épouse les 3 i de l’extrême droite culturelle : identité, insécurité, immigration. Cela est connu, reconnu, au vu et au su de tous. Le combat de C News contre France Inter, France Info, le service public est la stricte application de la « réinformation » chère à l’extrême droite et théorisée par B. Mégret.
Cette guerre culturelle sous-entend que ces chaînes mentent parce qu’elles sont dans le déni du grand remplacement. Ceci est signifiant à double titre. D’abord elle préfigure l’affrontement sur les libertés qui vient en cas de victoire de l’extrême droite. « Faut-il privatiser tout ou une partie du service public audiovisuel ? C’est l’un des objets de la prochaine présidentielle » dira P. Praud sur Europe 1 en guise de réponse à « Complément d’enquête » qui avait mis en cause sa partialité ainsi que celle de C News. La récente « descente » de trois députés du RN dont l’ex-journaliste Philippe Ballard, qui faisaient de l’entrisme dans une chaîne d’info LCI, sur le campus de Villetaneuse pour un safari médiatique « anti-voile » en dit beaucoup sur le climat qui s’installerait. Ensuite, s’il y a une offre, il y a une demande. Le succès de ces médias tient au fait qu’une grande partie du pays est en résonance avec ce qui y est dit. Cela n’excuse rien, mais l’un ne va pas sans l’autre. L’oublier c’est se battre contre des moulins à vent.
- L’Algérie a voté aux Nations unies le plan des États-Unis pour Gaza. Ce qui provoque l’ire des partis islamistes algériens et indique que l’Algérie a décidé de se recentrer diplomatiquement après son isolement sur l’affaire du Sahara occidental. Le silence de la droite retaillienne et de l’extrême droite sur ce sujet démontre, s’il en était besoin, la nature de leurs offensives au-delà de la campagne de libération de Sansal.
- Un professeur d’histoire médiévale de l’université de Lyon 2 publie une liste de juifs qu’il faut boycotter. Leur crime, selon cet universitaire, est d’être des « génocidaires ». C’est au défilé du langage du pur antisémitisme. Parce que juifs, ils sont essentialisés au régime de Netanyahu et à son extrême droite. Il n’y a pas écrit « Français complices » ce qui aurait été déjà un problème. Mais « génocidaire » parce que juif, ce signe égal signe la monstruosité antisémite. Car vous remarquerez qu’il n’y a pas dans cette liste, par exemple, Marine Le Pen qui a critiqué la demande française d’un État palestinien ou même Manuel Valls qui s’y est opposé en Conseil des ministres, non, il n’y a que des juifs. Le problème n’est donc pas seulement d’avoir dressé une liste, mais une liste de juifs comme une vulgaire feuille de chou collaborationniste antisémite pendant l’occupation nazie. Mais là où le masque tombe, c’est quand Mélenchon se solidarise avec ce triste sire. « Solidarité avec cet enseignant éclairant » dit le leader de la France insoumise pris la main dans le sac.
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À dimanche prochain




