6003 Jours de guerre en Europe

  1. Des élections historiques ; 2. Instantanés de la présidentielle ; 3. La série, chapitre 9: les années Hollande.

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1. Des élections historiques

Alors que la France se débat dans un cafouillis présidentiel sans nom, pour savoir qui affrontera l’extrême droite donnée gagnante au second tour, le monde retient son souffle. Deux élections tiennent en haleine la planète : les midterms aux États-Unis et les élections générales en Israël. L’enjeu est politiquement considérable. Dans un cas, il s’agit d’entraver la dérive illibérale et destructrice qui s’est emparée des États-Unis avec sa tentative de se réorganiser dans la fin de la domination du monde occidental. De l’autre, il s’agit de mettre fin à la présence d’une extrême droite suprémaciste au pouvoir qui utilisa l’horreur du pogrom du 7 octobre voulu par le Hamas pour plonger Israël dans une guerre totale et alimenter une offensive illibérale que Netanyahu a fait sienne contre les institutions ou la justice israélienne. Quand ce n’est pas déchoir de la nationalité israélienne les auteurs d’un documentaire ou diffamer Yair Golan, le patron du Parti démocrate, en le rendant responsable du 7 octobre.

Dans le conflit entre la démocratie et l’autoritarisme (illibéralisme) qui va structurer le XXIe siècle, ces deux élections, mais aussi celle de la France, vont être déterminantes pour le monde et l’Europe.

Si les sondages donnent Trump battu, la vague néoconservatrice et son national-populisme ne se sont pas retirés aux États-Unis. Seules les pitreries séniles de Trump, l’inflation et une guerre contre l’Iran qui l’alimente font basculer les indécis d’un camp à un autre. Mais la vague « MAGA » est toujours là. L’ampleur de la défaite des républicains et la division des démocrates seront les ingrédients de la nouvelle séquence qui peut ne pas condamner D. Trump à l’impuissance.

Si, en Israël, les enquêtes d’opinion donnent la coalition du Premier ministre battue – et encore, pas dans tous les « instituts » –, le drame du 7 octobre est très présent, même si le rejet de Netanyahu l’est tout autant. La victoire militaire totale promise par le Premier ministre n’est nulle part, même si les terroristes sont décapités et leur dangerosité entamée. Cet entre-deux rend la campagne électorale confuse. La coalition avec l’extrême droite ne peut crier victoire et l’opposition ne peut crier au fiasco dans un pays toujours traumatisé. Le système électoral avec l’hyperproportionnelle peut laisser une échappatoire à une défaite électorale annoncée du Likoud. Pour un observateur extérieur au pays, les conséquences pour les Palestiniens sont épouvantables, pour Israël terribles, et l’antisémitisme renaissant terrifiant.

Le bilan des deux dirigeants est lourd. L’alliance politico-militaire entre Israël et les États-Unis a non seulement produit un blocage du détroit d’Ormuz avec des conséquences majeures pour le prix de l’énergie, mais, dans le même temps, les Houthis avancent vers la mer Rouge et tentent d’asphyxier les exportations de pétrole de l’Arabie saoudite. Loin de construire le rejet de la dictature militaro-religieuse iranienne qui massacre son peuple, cette dernière peut bloquer ou filtrer le détroit d’Ormuz dans une relative mansuétude. Enfin, ce conflit décidé unilatéralement par Trump, poussé par Netanyahu, relativise la guerre lancée par la Russie en Ukraine, où, il est vrai, le président américain veille à ce que les Russes ne soient pas défaits. Les récentes déclarations du président américain affirmant que l’Ukraine est responsable de la crise du prix de l’énergie à cause du bombardement des raffineries russes, pour surréalistes qu’elles soient, l’attestent. Tout comme l’assurance que la Russie ne va pas attaquer l’Europe, l’invitation au G7, ou l’idée que les populations russophones dans les pays baltes sont maltraitées. Le binôme Trump-Netanyahu est un désastre, mais c’est le Nouveau Monde.

Sous une pluie de missiles ukrainiens s’abattant sur Moscou, Poutine profite de cette situation, de cette attente électorale, pour menacer l’Europe. La victoire aux législatives de Russie unie ne trompe personne. Le régime est embourbé dans une guerre coûteuse en termes de pertes humaines, matérielles, destructrices sur le plan économique, humiliante sur le plan militaire, alors que le moral des Russes est au plus bas et la jeunesse dans la haine du régime. Le maître du Kremlin tente de gagner « sa » guerre en terrorisant les Européens pour les conduire au lâche soulagement : « La paix vaut bien le Donbass. » Je vous en ai parlé il y a plusieurs mois. Il ne s’agit pas de déclencher une guerre conventionnelle avec l’Europe, mais d’une stratégie de la tension maximale aux limites de l’état de guerre pour obtenir des peuples une abdication.

L’accord entre les États-Unis de Trump et la Russie de Poutine fait de l’Europe une proie. Le moyen de l’asservir est donc de réveiller l’esprit munichois. L’objectif est la fin du pilier européen de l’OTAN pour le maître du Kremlin et le marché européen pour l’économie numérique et ses majors pour le « fatigué » de la Maison-Blanche, qui a besoin de ce « deal » pour se concentrer sur la Chine.

L’Europe est en train de craquer dans cet étau. Le couple franco-allemand est en voie d’affaissement sous les coups de boutoir de la guerre économique et de la guerre tout court. Elle doit se réarmer sans croissance pour l’aider. Elle a raté globalement le tournant du numérique et de l’automobile électrique sans avoir fait le « Green Deal ». Les économies ne sortent pas de la récession rampante. Le chômage endémique et la précarité de masse ne débordent pas grâce à l’État social, mais celui-ci est de plus en plus difficile à financer. La France et l’Allemagne sont frappées par où elles ont péché. La France s’enfonce dans les déficits (1 400 milliards de dette supplémentaire sous Macron en 9 ans) pendant que l’Allemagne voit son modèle sacrifiant tout à l’exportation s’effondrer (170 000 emplois en moins en un an). Il s’ensuit « la grande dépression morale », comme il y eut la grande dépression économique en 1929.

Partout en Europe, le vernis post-Seconde Guerre mondiale craque. La résurgence de l’extrême droite d’avant-guerre se fait jour dans un national-populisme illibéral. Est-il besoin de rappeler que l’Italie est gouvernée par l’extrême droite, comme la Tchéquie, la Finlande, la Croatie, la Slovaquie ? La Suède a vu la socialiste Magdalena Andersson gagner d’un siège face à l’extrême droite sortante, le PVV de Geert Wilders aux Pays-Bas fut en tête lors des élections, le FPÖ en Autriche a fait de même, Vox en Espagne multiplie les succès, Chega au Portugal est devenu le principal parti d’opposition, la Pologne est, elle, toujours présidée par le PiS. Seule la Hongrie est un contre-exemple, mais le parti d’Orban est toujours debout et prêt à resurgir, au point que le gouvernement multiplie les mesures législatives pour rendre ceci impossible. Quant à l’Allemagne, pour la première fois depuis l’après-guerre, le parti conservateur allemand n’entre pas dans un parlement régional, alors que l’extrême droite AfD vole de victoire en victoire. Les élections régionales à Berlin avec la gauche radicale et dans le « Mec-Pom » avec l’AfD sont à l’image de celle de la France entre LFI et le RN. L’extrême droitisation rampante de l’Europe se combine à une bipolarisation extrémiste. Elle rend aléatoire la capacité à surmonter les défis. Et le pire réside dans le fait qu’ils sont, de part et d’autre, les agents consentants à la poutinisation des esprits. En Allemagne, l’AfD est une habituée des forums de Saint-Pétersbourg et milite pour la réouverture de la route du gaz russe. En France, Marine Le Pen, E. Zemmour, Dupont-Aignan, E. Ciotti développent l’idée que le soutien à la résistance héroïque du peuple ukrainien coûte cher, très cher, trop cher.

La récente colère de l’ex-président russe Medvedev contre la nouvelle russophobie du RN est pour le moins surjouée. Il n’a pas échappé à la candidate d’extrême droite que, dans cette phase d’offensive russe et d’interpellation de l’opinion sur le sujet par le président de la République, il valait mieux, pour un présidentiable, ne pas être au milieu du champ de tir. En attendant, qu’est-ce qui est le plus important pour le Kremlin : un communiqué du RN sur la nature agressive de la Russie ou la demande de l’arrêt de l’aide financière à Zelensky ? Quant à Jean-Luc Mélenchon, il réussit le tour de force de faire six mois de précampagne sans citer une fois l’Ukraine ni le nom de Poutine. Et quand il le fit, ce fut pour dire que la menace russe était due aux frappes en profondeur ukrainiennes et réclamer la réouverture de la route du gaz russe. Partout en Europe, un vrai parti défaitiste est en voie de constitution.

La Russie n’arrive pas à vaincre le peuple ukrainien. La profondeur stratégique de ce grand pays, c’est l’aide de l’Europe. Poutine a déjà obtenu que les États-Unis réduisent leur soutien. Il lui faut faire céder les Européens et l’Ukraine tombe. La vraie ingérence se situe là : l’affaiblissement de la résistance à Poutine via principalement l’extrême droite et son néopacifisme.

Le dictateur russe le sait, la défense européenne se heurte à des difficultés dues à l’histoire, aux méfiances nationales, à la géographie et aux situations budgétaires. Même si la France de Macron a mis sur la table la question de la dissuasion nucléaire avancée, ce n’est pas ce qui inquiète Poutine, mais l’échec en Ukraine serait la deuxième chute du rideau de fer et sonnerait le glas du militarisme russe.

La crise européenne — due à la double erreur historique, refus de l’Europe politique par la France et stratégie de l’Allemagne d’une Europe allemande — devient menaçante pour l’édifice européen, d’autant que la crise de la dette française peut avoir un effet domino si on applique les traités, et le loyer de nos emprunts à dix ans vient de passer à 4,7 % dans une certaine indolence française.

Après les élections aux États-Unis et en Israël, le prochain round, décisif, sera la France. Une victoire de l’extrême droite, ce n’est pas seulement un choc réactionnaire, l’illibéralisme, la remise en cause de l’État de droit. Il s’agit du grand basculement dans l’inconnu pour la France, bien sûr, pour l’Europe et le monde.

Mais qui voit, au-delà de la course des petits chevaux, cet enjeu historique ?

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2. Instantanés de la présidentielle

● Si le débat de la primaire « socialisante » a été dominé par J. Guedj ; si R. Glucksmann, sans être mauvais, ne fend toujours pas l’armure ; si E. Maurel est revenu au PS des années 80 ; si Faure, par son atonie, a fait la démonstration que le mélenchonisme soft n’a pas d’avenir ; si S. Royal a donné le point décisif à J.-L. Mélenchon dans sa phase antisémite, adoubant l’idée très répandue que les Juifs sont des Israéliens (antisémitisme moderne), ce match amical n’était pas encore la Champions League. Le plus frappant est qu’aucune idée ou proposition nouvelle n’a surgi, comme si les socialistes et apparentés étaient un volcan éteint.

Par contre s’installe la future controverse qui peut aller jusqu’à la scission entre les tenants du Nouveau Front populaire avec LFI et ceux qui le refusent, sans aller encore jusqu’au front républicain ou cette union sacrée pour la démocratie que F. Hollande appelle de ses vœux.

● Un conclave aux allures d’union nationale pour désigner l’ennemi russe. Une réception dans l’appartement de Trump. Une dénonciation à la tribune des Nations unies, devant l’histoire, du « génocide palestinien ». Un retour au 20 h pour louer son action diplomatique et annoncer l’envoi de l’armée en Arabie saoudite. Une réception mise en scène, à défaut de Notre-Dame, du pape à l’Élysée. Et puis tout s’éclaire par une confidence sur la candidature possible d’E. Macron en 2032 : « Nous verrons bien. » Les actes parlent d’eux-mêmes. Tout va être calculé pour rendre ceci possible.

● En visite chez la fille aînée de la laïcité, le pape Léon XIV est venu dire que la France se cherchait. Son bâton de pèlerin, « l’encyclique Magnifica humanitas », à la main. Elle est au siècle de l’IA ce que fut l’encyclique Rerum novarum au siècle de la révolution industrielle, à l’initiative d’un certain… Léon XIII.

● Rappel à l’ordre d’O. Blanchard, ex-chef économiste du FMI :

« La réduction de la dette (baisse des dépenses ou hausse des recettes) nécessaire pour la stabiliser par rapport au PIB est de 150 milliards (…) Si on exclut les contribuables qui ne paient pas l’impôt aujourd’hui, implique un ajustement 7 500 par contribuable (…) Une hausse de 1 % implique 30 milliards supplémentaires, soit 1 500 de plus. »

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3. La série

Il s’agit de mes notes pour la série d’exposés que j’ai présentés aux jeunes de DLS (H. Geoffroy) sur les enseignements de l’histoire socialiste. Ce chapitre devait clore provisoirement une saga commencée en 1905. À la demande de nombre d’entre vous, je vais y ajouter, sous la même forme, un dixième chapitre sur le PS depuis 2017.

Chapitre 9

Les années Hollande

A-Le congrès de Reims

● La défaite de Ségolène Royal marque le retrait des sabras de F. Mitterrand. L. Jospin a tenté d’être candidat pour faire face à S. Royal avant de renoncer. L. Fabius arrive troisième à la primaire pendant que le premier cercle mitterrandien — Mermaz, Mexandeau, Dumas, Badinter, Cresson — se retire et Rocard, Emmanuelli, Mauroy vont s’en aller.

● Ségolène Royal, sur la terrasse de Solférino, le soir de l’élection de Nicolas Sarkozy, annonce aux socialistes rassemblés dans la rue : « Je vais vous conduire vers de nouvelles victoires. »

● Une alliance est constituée après de nombreux va-et-vient entre Mme Aubry et MM. DSK, Montebourg, Fabius, Bartolone, Cambadélis (Moscovici est réticent à cause de la présence de L. Fabius, qui porte pour lui la responsabilité historique de l’échec du traité constitutionnel européen). On a appelé cela le pacte de Marrakech, du nom de la résidence de DSK au Maroc. Il n’y en a jamais eu, mais il s’agit d’un accord informel autour de trois points : la rénovation idéologique du PS ; la primaire comme mode de désignation à la présidentielle ; la décision de se placer derrière le candidat le mieux placé dans les sondages. Si pacte il y a, il est anti-S. Royal.

● DSK s’envole dans les sondages. La crise éclate dans son courant lors de l’université de La Rochelle, où Cambadélis penche pour l’alliance DSK-Fabius-Aubry-Montebourg et Moscovici ne veut pas « d’un passager clandestin » (Fabius) et s’avance comme premier secrétaire avec le soutien de Collomb-Guérini-Valls.

● F. Hollande renonce à être candidat à sa succession. B. Delanoë, maire de Paris, fait un pas vers sa candidature avec un livre écrit avec Laurent Joffrin aux accents « sociaux-libéraux » : « De l’audace ».

● Une inflation de contributions générales manifeste une certaine crise de leadership : Hollande, Delanoë, Aubry, Dolez, Gorce, Utopia, Fabius, Royal, Leveillé, Emmanuelli-Hamon, Ayrault, Moscovici, Collomb-Guérini, Mélenchon, Jaquemin, Lienemann, Filoche, Lebranchu, Écolo, Fleury.

● Les motions sont :

A) Delanoë - Hollande - Ayrault - Moscovici - Jospin - Rocard : 25,24 %.

B) Pacte écologique - Nicole Bricq - C. Caresche : 1,59 %.

C) Hamon - Emmanuelli - Quilès - Juanico - Dussopt - Liem Hoang-Ngoc : 18,52 %.

D) Aubry - DSK - Fabius - Mauroy - Montebourg - Bartolone - Cambadélis : 24,32 %.

E) Collomb - Guérini - Peillon - Rebsamen - Valls - Dray - Najat Vallaud-Belkacem et Royal : 29,08 %.

F) Utopia : 1,25 %.

● À l’annonce des résultats, J.-L. Mélenchon, qui préparait l’événement, anticipant une victoire de S. Royal, quitte le PS dans une conférence de presse. Il déclare : « Il y a une énorme énergie pour affronter la droite et ne pas s’abstenir devant elle. » Il part avec le député M. Dolez, ancien patron de la fédération du Nord, ainsi que Delapierre, Corbière et Simonnet, fonde le Parti de gauche et va prendre le leadership de la liste communiste aux élections européennes, soutenue par la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet.

● Delanoë renonce à être premier secrétaire et propose à l’ensemble des motions hostiles à la candidature de Royal celle d’H. Désir. B. Hamon et H. Emmanuelli refusent, puis Aubry, qui n’adoube pas pour autant B. Hamon.

● Le congrès se déroule dans une certaine confusion. La commission des résolutions (ce sera la dernière de l’histoire du PS) se réunit autour de la motion arrivée en tête (Collomb-Peillon), mais ne parvient pas à dégager une majorité. La motion Aubry, elle, hésite toute la nuit à se présenter. Au matin, il n’y a pas de majorité. La presse se déchaîne. Ségolène Royal annonce sa candidature au poste de premier secrétaire, puis, à la dernière minute, Aubry la sienne, qui avait déjà été déposée de manière conservatoire à son insu par la sénatrice L. Rossignol. B. Hamon complète la compétition.

● Résultats : M. Aubry 50,04, S. Royal 49,96. Ils donnent lieu à contestation et même, à l’initiative de M. Valls, menace de recours devant les tribunaux. Une commission, sous la présidence de D. Vaillant, de récolement des votes se tient en urgence au milieu de la matinée. Mennucci et Assouline, représentant S. Royal, reconnaissent que cette dernière a perdu.

Martine Aubry est première secrétaire. Après un bref moment où les « royalistes » refusent de siéger, le rassemblement se fait.

B-La présidentielle

● Nicolas Sarkozy se moque du PS en déclarant qu’il pourrait en être le DRH. Il fait la campagne de DSK pour la direction du FMI, espérant l’éloigner, puis met fin à l’ouverture — B. Kouchner, F. Amara, E. Besson — et s’engage, sous l’influence de P. Buisson, ancien directeur de Valeurs actuelles et de la campagne de de Villiers, dans un cours néoconservateur et nationaliste avec le discours dit de Grenoble. Ce virage de l’exécutif propulse DSK au firmament des sondages. Seul F. Hollande, entouré d’une petite équipe (Le Foll), fait de la résistance et annonce vouloir le challenger dans la primaire.

● Le 14 mai 2011, l’affaire DSK éclate après son arrestation suite à une plainte pour viol lors de son séjour au Sofitel de New York.

● Hollande candidat, Aubry le sera plus tardivement. La primaire des 9 et 16 octobre 2011, avec 2,6 millions d’électeurs au premier tour, donne un résultat inattendu. Alors que tous les pronostics penchaient pour Hollande élu dès le premier tour, il est en ballottage. F. Hollande 39,2 %, M. Aubry 30,4 %, A. Montebourg 17,2 %, S. Royal 6,9 %, M. Valls 5,6 %, J.-M. Baylet 0,6 %. Il est clair que le deuxième tour est entre les mains d’A. Montebourg qui, après avoir hésité, décidera de voter Hollande, dont il combat l’orientation. Ce compromis entre deux lignes pour l’emporter porte en germe le conflit de tout le quinquennat entre les deux gauches au sein du PS (gauche de gouvernement et les frondeurs). Deuxième tour : FH 56,57, MA 43,43.

● Élection de François Hollande, le « plus mesuré des anti-sarkozystes ». L’élection est impactée par la tuerie antisémite de mars 2012 de Toulouse et Montauban. Elle annonce les drames du quinquennat. La campagne est suspendue malgré le désaccord de Mélenchon : « La poursuite de la campagne serait un acte de résistance morale, intellectuelle et affective. » Premier tour : Hollande 28,63, Sarkozy 27,18, Marine Le Pen 17,90, Mélenchon 11 %, Bayrou 9,13 %. Deuxième tour : FH 51,64, NS 48,36.

C-La présidence Hollande

Un pragmatisme vertébré

● FH gagne non par un mouvement à gauche dans le pays, mais par le rejet de Sarkozy, sans laisser à J.-L. Mélenchon le monopole de la gauche. Les déficits laissés par les gouvernements de droite, le chômage et l’isolement de la France sur la scène européenne, incapable de rentrer dans les critères des trois %, seront les contraintes du quinquennat. Relancer l’économie, réduire le chômage s’impose comme un préalable à toute politique de redistribution. Le pragmatisme vertébré est la marque du quinquennat : redresser les comptes du pays, réduire le chômage sans porter atteinte au modèle social.

Ce sera le primat de l’économie sur la politique.

● Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

Son premier engagement sera le mouvement rural de la jeunesse chrétienne. Puis il soutient, dès Épinay, Jean Poperen. Il deviendra le n° 2 de ce courant de gauche social-démocrate adepte du compromis social. Brièvement candidat possible à la présidentielle avec le soutien de la sec. générale de l’Élysée A. Lauvergeon. Il sera maire de Saint-Herblain, puis de Nantes de 1989 à 2012 et président du groupe socialiste de 1997 à 2012.

● Les dates à retenir

- Du 26 au 28 octobre 2012 : congrès de Toulouse du PS. Il a été précédé par une campagne pour le poste de premier secrétaire entre H. Désir, soutenu par les ministres Valls, Moscovici, Peillon, Le Foll ainsi que la première secrétaire sortante M. Aubry, qui a refusé le poste de n° 2 du gouvernement, et J.-C. Cambadélis, soutenu par le Premier ministre J. -M. Ayrault, le président de l’Assemblée C. Bartolone, qui s’est imposé contre l’avis de l’Élysée, et O. Faure. F. Hollande tranche sans trop d’hésitation pour H. Désir et Cambadélis va devenir premier vice-président du Parti socialiste européen, chargé du « Manifesto » (programme pour les élections européennes).

- Contributions générales : Aubry, Dray, Degayet, Romagnan, Lienemann-Guedj, Filoche, Montebourg, Méadel-Gorce, Gros, Debout, Marcoud, Brossel, Guillot, Albert, Masseret, Joseph, Verdier.

Motion H. Désir 67,87, Maurel 13,28, Hessel 11,78, Méadel 5,13. Le congrès adopte les nouveaux statuts qui stipulent qu’en toute occasion et pour toute fonction, les militants doivent trancher. Cambadélis fait remarquer qu’on ne peut l’appliquer à un président sortant. La réponse d’H. Désir : « Je ne serai pas le premier secrétaire qui spoliera les adhérents de leur droit de vote. » La primaire de 2017 est sur les rails.

- 6 novembre 2012 : le pacte de compétitivité – 11 janvier 2013 : intervention au Mali – 19 mars 2013 : l’affaire Cahuzac – 23 avril 2013 : le mariage pour tous – 10 octobre 2013 : l’affaire Leonarda – Élections européennes : percée du FN 24,84 %, UMP 20,87 %, revers du PS 13,19 %, Modem 9,74 %, Verts 8,95, Front de gauche 6,33 – 23 et 30 mars 2014 : élections municipales, recul du PS qui perd Saint-Étienne, Reims, Tours, Grenoble et de très nombreuses petites villes. La droite domine dans les villes de 10 000 à 100 000 habitants. Succès d’H. Geoffroy à Vaulx-en-Velin, d’Aubry à Lille, de J. Rolland à Nantes et A. Hidalgo à Paris –31 mars 2014 : J.-M. Ayrault présente sa démission.

● F. Hollande accentue la politique de l’offre pour « inverser la courbe du chômage » et nomme pour cela M. Valls comme Premier ministre.

● M. Valls

- Manuel Valls, Catalan originaire de Barcelone, épouse la France en même temps que le rocardisme, tout en ayant comme figure tutélaire non pas J. Jaurès, mais le rugueux et controversé « père de la victoire sur les Allemands », G. Clemenceau. Il fait partie de la génération UNEF-MNEF (vendange tardive) et sera l’animateur des jeunes rocardiens avec S. Fouks et A. Bauer, au détriment de B. Hamon et O. Faure. Membre de nombreux cabinets ministériels, dont celui de Jospin, Premier ministre. Il prendra la succession de Jacques Guyard et Pierre-Jean Banuls à la mairie d’Évry. Militant pour le non au traité constitutionnel européen dans le PS, il se prononcera pour le oui lors du scrutin. Candidat à la primaire de 2011, il soutient F. Hollande au second tour. Ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre. Son discours à l’Assemblée nationale au lendemain des attentats terroristes de 2015 restera dans les mémoires, provoquant une Marseillaise inédite sur tous les bancs. Il sera l’auteur d’une phrase controversée qui se retournera contre lui à la primaire de 2017 sur les « deux gauches irréconciliables ». Il est battu par B. Hamon, qui avait tenté de le censurer. Il refuse de reconnaître cette victoire, puis appelle à voter E. Macron, quitte le PS, redevient député avant de quitter la France pour tenter de ravir la mairie de Barcelone, où il échoue. Retour en France, échoue à redevenir député avant d’être ministre des Outre-mer.

- Cambadélis remplace H. Désir au poste de premier secrétaire lors d’un vote du Conseil national.

● Les frondeurs

- Cambadélis, premier secrétaire, déclarant : « Il faut savoir terminer une fronde. » Le terme restera.

- La fronde naît lors du pacte budgétaire européen soumis à l’Assemblée le 21 octobre, que des députés socialistes proches d’H. Emmanuelli refusent de voter. Le compromis passé entre les deux tours de la primaire explose. FH avait promis de renégocier via un pacte de croissance. La France n’a aucun levier en Europe pour l’imposer tant qu’elle n’a pas mis de l’ordre dans ses comptes. B. Romagnan juge le pacte « néfaste en termes politiques » et J. Guedj refuse « l’austérité gravée dans le marbre ». Le 4 avril 2013, 6 députés votent contre et 35 s’abstiennent sur le texte de sécurisation de l’emploi. Puis la fronde va prendre de l’ampleur : le 8 mars et le 29 avril 2014, 40 députés s’abstiennent sur le programme de stabilité. Appel des 100 contre la loi de financement de la Sécurité sociale, qui se transforme en mouvement « Vive la gauche ». Jusqu’au dépôt de la motion de censure par B. Hamon, où le BN du PS est clair : « Vous déposez, vous êtes dehors. »

● Il s’agit d’une double instrumentalisation : M. Valls se construit contre les frondeurs et ces derniers contre Valls, marginalisant de fait le président Hollande.

● 25 août 2014 : sortie du gouvernement d’A. Montebourg – 7 janvier 2015 : attentat meurtrier contre Charlie Hebdo à Paris – 11 janvier 2015 : marche de solidarité de 3,7 millions de personnes : « Je suis Charlie » – Débat sur la déchéance de nationalité pour les binationaux, objet d’un rejet dans la gauche morale et au PS (où JCC, avec le soutien des ministres Le Foll et J.-M. Le Guen, de de Rugy et C. Bartolone, s’y oppose dans une scène d’anthologie face à M. Valls dans le petit déjeuner de Matignon). F. Hollande tente l’union nationale devant le terrorisme que lui refuseront la droite sénatoriale et Sarkozy. Le texte ne sera pas soumis au vote.

- La gauche du PS (frondeurs) décroche sur la politique de l’offre.

- La gauche morale en fait tout autant à propos de la déchéance de nationalité.

- La gauche sociale (syndicats), déjà échaudée par la loi Macron, rejette la première loi sociale (qui conduit à un nouvel accrochage avec le PS, le premier secrétaire qui a rencontré la CFDT, déclarant chez Bourdin à BFM que, dans ces conditions, il ne la voterait pas). F. Hollande convainc le Premier ministre de négocier avec les syndicats réformistes, ce qu’il fait, et obtient l’accord de ces derniers sur une deuxième loi qui finira par être adoptée malgré des manifestations violentes et l’opposition d’une partie du groupe.

- La gauche écologique décroche et entre en crise interne (aéroport de Notre-Dame-des-Landes – centrale de Fessenheim – réduction de 10 % du budget de l’Écologie – suppression de l’écotaxe – les boues rouges en Méditerranée).

● Sous le triple impact du compromis Montebourg-Hollande de la primaire, de la politique de l’offre nécessaire au pays et de la crise entre la gauche de gouvernement et la fronde, la gauche, seulement unie par l’anti-sarkozysme, va se désintégrer. Cela crée les conditions d’un reflux du soutien au président Hollande dans le pays, tout en rendant illisible le bilan législatif et économique dont on s’apercevra plus tard qu’il était meilleur que ce qu’on en disait.

On y trouve pêle-mêle le retour de la croissance, des déficits publics au plus bas, le redressement des marges des entreprises, 400 000 logements construits, un début du recul du chômage dont les effets seront visibles sous le quinquennat Macron, 200 000 emplois créés.

Mais aussi un modèle social préservé, une Sécu à l’équilibre, les retraites financées à court terme avec la prise en compte de la pénibilité, 60 000 postes dans l’Éducation nationale, le droit au mariage pour tous, la réforme territoriale et la fin du cumul des mandats, la signature du 1er accord universel sur le climat (COP Paris) et un nouvel arsenal considérable contre le terrorisme avec 9 000 postes supplémentaires dans la gendarmerie et la police. Sans oublier l’intervention au Mali, le faux bond de B. Obama contre Bachar ou le face-à-face musclé avec Poutine.

D-Un aggiornamento socialiste contrarié

● Le désordre politique n’a pas fait qu’obscurcir le récit du quinquennat Hollande, il a contrarié l’aggiornamento socialiste.

● Décembre 2014 : le tournant social-écologique. La nouvelle charte (adoptée à l’unanimité) « met la question écologique au niveau de la question sociale ». C’est le nouveau logo du PS où apparaît la référence à la sociale-écologie, mais surtout un document qui commence à revisiter les défis auxquels la gauche est confrontée.

● Le congrès de Poitiers, 77e, du 5 au 7 juin 2015. Le congrès est précédé par une importante pression de l’exécutif (Hollande-Valls) pour qu’il n’ait pas lieu, redoutant une victoire des frondeurs, ce qui pourrait déboucher sur une crise de régime. Au contraire, l’objectif de la direction sortante est de poursuivre le travail de rénovation du logiciel socialiste et de clarifier le débat entre la gauche de gouvernement et les frondeurs. Ces derniers veulent aussi une clarification.

- Seize contributions générales : Cambadélis, Aubry, Collomb, Pupponi-Ferrand-Dussopt, Baumel, Maurel-Guedj, Emmanuelli-Hamon, Filoche, Liem Hoang-Ngoc, Utopia, Pôle écolo, F. Augier, Méadel, Gorce, Debout, K. Berger-V. Rabault.

Un compromis entre Cambadélis et Aubry, contesté dans un premier temps par G. Collomb parce que remettant en cause la politique de l’offre, est finalement accepté et même adoubé par l’exécutif avec une réforme fiscale, l’impôt à la source, la réduction de la CSG et le ciblage du CICE.

- Vote d’orientation : 71 140 votants.

Motion A : Cambadélis, Aubry, Valls, Collomb, Ayrault, 60,09.

Motion B : C. Paul, Baumel, Maurel, Guedj, Hamon, Filoche, 28,46.

Motion C : Augier et un collectif de militants, 2 %.

Motion D : La Fabrique, K. Berger - Rabault - Galut et A. Bachelay, 9,5 %.

- J.-C. Cambadélis élu : 70,07 contre C. Paul 29,93.

Les frondeurs sont largement battus, mais, tout en reconnaissant la légitimité du vote, la contestation continue.

Une nouvelle génération voit le jour aux côtés de G. Bachelay, C. Borgel, A. Bergounioux et H. Weber et le retour de Julien Dray. Rachid Temal devient n° 2. O. Faure - K. Bouamrane - C. Narassiguin - Nadège Abomangoli sont porte-parole. K. Chibli, P. Doucet, L. Dutheil ou R. Maalouf font leur entrée au SN.

E-La fin du remords de 2002 : la débâcle

● La primaire de toute la gauche lancée par Jadot et Libération. Cambadélis : « S’il n’y a pas d’exclusive sur les participants, le PS en sera. » Le PCF puis les écologistes refusent d’y participer.

● 18 juin 2016 : le PS adopte à l’unanimité du Conseil national le principe de la primaire conforme aux statuts, après la menace publique de proches de Montebourg d’un recours en justice pour violation des statuts.

● 30 août : E. Macron quitte le gouvernement après avoir tenu un meeting en juillet, annonçant comme probable sa candidature.

● L’université d’été du PS prévue à Nantes est annulée et transformée en université itinérante tout l’automne, suite à la demande du ministre de l’Intérieur B. Cazeneuve, appuyé par le président et le Premier ministre, à cause des risques d’affrontement dus au conflit autour de l’ouverture, à deux pas de Nantes, de l’aéroport « Notre-Dame-des-Landes ».

● 12 octobre 2016 : la sortie du livre « Un président ne devrait pas dire ça… », relatant toutes les étapes du quinquennat, assorties de jugements sur un certain nombre de responsables, dont Claude Bartolone, pdt de l’Assemblée nationale. Il provoque un tollé et cristallise la crainte de voir F. Hollande battu. M. Valls exerce une pression privée puis publique pour que le président se retire. E. Macron fait de même de son côté, car il en a besoin avant de se lancer. Ce qu’il fera en novembre avant de recevoir le soutien de F. Bayrou et passera au-dessus de 10 % dans les sondages.

● 1er décembre 2016 : F. Hollande renonce à sa candidature pour ne pas ajouter à la confusion et faire le jeu de l’extrême droite. Il s’agit aussi de ne pas faire battre son bilan, alors que les conditions de la défense de celui-ci ne sont pas réunies entre les candidatures de Macron et de Valls et les frondeurs. Valls démissionne et F. Hollande nomme B. Cazeneuve.

● B. Cazeneuve

Dirige les jeunes radicaux de gauche de Gironde. Membre du BN du MRG de 85 à 87. Membre de cabinets ministériels : Th. de Beaucé, A. Vivien, C. Josselin. Il adhère au PS et rejoint le courant fabiusien. Maire d’Octeville puis du Grand Cherbourg, député de la Manche, il défend le non au référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005. Porte-parole de F. Hollande en 2011. Plusieurs fois ministre : Affaires européennes, Budget, puis Intérieur où il doit faire face à la vague terroriste. Il signe avec 23 anciens ministres de F. Mitterrand une tribune dénonçant les propos de R. Glucksmann sur la complicité de l’Élysée dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Ne se représente pas à la députation en 2017. Quitte le PS en désaccord avec l’accord de la NUPES. Puis crée la Convention et sera un temps envisagé comme Premier ministre. Le PS s’opposera à sa candidature. Candidat à la présidentielle de 2027.

● La convention du 3 décembre, initialement prévue pour lancer la candidature de F. Hollande, est boycottée par nombre de fédérations « hollandaises » et les frondeurs hostiles à sa transformation en tremplin pour M. Valls.

● La primaire de la Belle Alliance populaire change de nature (22 et 29 janvier). Il ne s’agit plus de « qui pour gagner la présidentielle ? », mais « quelle gauche ? ». La participation entre le premier tour et le second l’atteste : au 1er tour, 1 655 919 votants, B. Hamon 36,51 % et Manuel Valls 31,90 %, mais, au second tour, la participation passe à 2 013 743 votants. Des électeurs sont venus en masse battre la gauche de l’ancien Premier ministre. B. Hamon fait un bond à 58,69, M. Valls 41,31 %. (Montebourg 17,75, V. Peillon 6,8, F. de Rugy 3,88, S. Pinel 2,02, J.-L. Bennahmias 1,03.)

● Les premiers sondages sont encourageants : 17,80 %.

- B. H., malgré un programme inventif, ne trouve pas la martingale entre la gauche de gouvernement qu’il a tenté de renverser avec la censure et la gauche de contestation qu’il a incarnée dans la primaire. Il tranche pour la seconde et cherche l’union de la gauche : d’abord les écologistes, Jadot (à 1 % dans les sondages, il se retirera contre 100 circonscriptions), puis J.-L. Mélenchon, qui finira par dire non. La stratégie de l’union contre celle de l’offre va produire une double fuite vers Macron et vers Mélenchon.

- Le résultat à la présidentielle de 6,36 % est le plus faible score depuis 1969 et Gaston Defferre. L’électorat de gauche a rompu avec le remords de 2002. La gauche de gouvernement est à terre tout autant que les frondeurs. F. Hollande s’est retiré. Valls adhère à En marche de Macron. Hamon quitte le PS le 1er juillet 2017 pour fonder Génération.s avant de se mettre en retrait de la politique et de s’engager dans le mouvement associatif. La plupart des membres du gouvernement ne sont pas candidats dans des législatives qui tournent à la Bérézina pour tous les candidats, quelle que soit leur nature. Cambadélis annonce sa démission suite aux législatives après avoir dit vouloir installer une direction provisoire, lancer la rénovation et faire face aux dettes en vendant les locaux de Solférino.

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À dimanche prochain