4003 Jours de guerre en Europe

1/ Fin de partie pour Bayrou ;  2/ LFI-RN : la sainte alliance pour le K.O. ; 3/ Les multiples discours d’Olivier Faure ; 4/ Le 10 : la mouvance “NO WAY” s’élance.

0000

1/ Fin de partie pour Bayrou

Pathétique, absolument pathétique, ce pauvre F. Bayrou, soûlé de coups, acculé dans les cordes par quatre journalistes qui voulaient défendre leur chaîne d’info et tout autant eux-mêmes en interrompant de manière goguenarde un Premier ministre poussif jetant ses dernières forces, en tentant de “faire peuple”, ne se rendant pas compte combien c’était humiliant pour eux et pour lui. Ainsi finit le Premier ministre le plus impopulaire de la Ve République, qui croyait être le futur président. Il ne voulait pas terminer comme Barnier : ce n’était pas de son niveau. Il aura droit en plus au goudron et aux plumes.

Lors de son procès sur les emplois des assistants européens, le patron du MoDem avait déclaré : « Marielle de Sarnez s’occupait de tout. » On avait cru à une manière indélicate de se décharger. Mais c’était vrai. Bayrou sans De Sarnez, ce n’est plus Bayrou.

J.-L. Parodi disait : « Ce que tu es est si fort qu’on n’entend pas ce que tu dis. » Bayrou eut beau répéter et se répéter encore, il ne pouvait plus se dépêtrer de cette faute ruinant le peu de confiance en son gouvernement. Il ne lui reste plus qu’à partir, espérant seulement pouvoir dire : « Je vous l’avais bien dit. » Dans son for intérieur, il pensait que cette bombe à fragmentation politique serait le début d’une histoire : ce sera sa fin.

0000

2/ LFI-RN : la sainte alliance pour le K.O.

Les Insoumis sont tombés à bras raccourcis sur cette pauvre Frédéric Bredin lors de son passage au forum Radio J dimanche dernier.
Elle déclarait que le RN et LFI n’avaient pas « tout à fait les mêmes valeurs » mais étaient « tous les deux un grand danger ».
Cela n’a pas plu, mais pas du tout, à Mélenchon, pas simplement parce que le dirigeant de La France insoumise fait une fixette sur Frédéric Haziza, le journaliste de Radio J, mais parce que la candidate à la partielle parisienne dans la 2e circonscription de Paris lève un lièvre : la convergence politique objective entre l’extrême droite et les populistes de gauche.

En effet, il semble qu’ils soient pour le moins d’accord sur l’analyse du moment et la réponse à lui apporter.

Le soutien au départ au mouvement social du 10 septembre, la fin du gouvernement Bayrou, la dissolution et la démission de Macron. Des convergences parallèles, en quelque sorte, comme on aimait le théoriser dans la gauche italienne de la fin des années 70.

Les deux formations s’engouffrent dans le moment d’extrême faiblesse de l’exécutif après ce coup raté de la confiance et le début d’un mouvement social.

Il s’agit pour le RN comme pour LFI, pour des raisons différentes, de lancer l’assaut du macronisme à terre et de provoquer une crise de régime dont l’un comme l’autre pensent être l’issue.

Le RN a sa feuille de route : provoquer des élections législatives partielles, soutenu en cela par Nicolas Sarkozy. L’extrême droite s’estime en situation de les emporter et d’imposer la démission de Macron après une loi revenant sur l’application immédiate d’inéligibilité. La faiblesse du bloc central et du président (seulement 15 % de soutien), la fin du Front républicain et du NFP (Mélenchon devenant, en place de Marine Le Pen, le nouveau Raminagrobis politique), une situation de ras-le-bol social, le feu vert du Medef à Bardella, le mécontentement audible des Arnault, Bolloré et autres milliardaires, et un impossible budget : tout cela offre au RN une fenêtre de tir. En effet, au-delà des sondages déjà favorables à l’extrême droite, la dissolution immédiate aurait un contenu que la précédente n’avait pas, à part le second tour contre le RN. L’interrogation sous-jacente d’une dissolution rapide serait le pour ou contre les 44 milliards de restrictions du budget Bayrou. Autant dire qu’il suffirait au RN de pousser la balle au fond des buts.

C’est la raison pour laquelle Marine Le Pen a estimé avoir « absolument plus aucune confiance dans ce gouvernement », trop contente de mettre Retailleau dans le lot. Et elle tente de couper court à la candidature de « Darmanin ou un autre candidat de ce bloc ». Cette stratégie de l’opposition frontale, rendue possible par la bévue de Macron et Bayrou, permet accessoirement de réduire la visibilité de LR au gouvernement et ainsi de rouvrir le débat interne au parti sur la stratégie. Retailleau est ainsi la victime collatérale du suicide de l’exécutif. Déjà Wauquiez remontre le bout de son nez. Xavier Bertrand le sien et évoque sa candidature à la présidentielle, refusant la confiance à Bayrou qui ne l’a pas voulu au gouvernement. Pendant que V. Pécresse ou J.-F. Copé réclament la démission de Macron, le maire de Cannes D. Lisnard, lui aussi candidat à la présidentielle, charge violemment le gouvernement Bayrou dont ses amis font partie.
Il faut ajouter que cette accélération permet aussi de gommer les premiers craquements dans le vernis entre Jordan Bardella et Marine Le Pen dus aux spéculations internes sur l’inéligibilité de la cheffe de LR.

Cette orientation n’est donc pas conjoncturelle mais a vocation à durer — même si Marine Le Pen s’adaptera si un Premier ministre est nommé, pour repartir à l’assaut au moment du budget. Décapiter le macronisme ou le saigner : telle est la devise mariniste.

Cette orientation se trouve en résonance avec celle des Insoumis.

Mélenchon a tranché dans l’été, « je vous avais prévenus », estimant la situation prérévolutionnaire : l’impasse budgétaire et l’irruption des masses, dans une situation de faiblesse de « l’ordre existant », permettent d’envisager une première étape révolutionnaire (je résume), même si elle passe — pour les connaisseurs — par un gouvernement Kornilov (du nom de ce général réactionnaire qui tenta de prendre le pouvoir dans la première phase de la Révolution russe, alors que le tsarisme subissait les coups de boutoir du parti bolchevique). En effet, Mélenchon ne cherche pas à stabiliser la situation mais à l’envenimer, la radicaliser, la déstabiliser. Il sait parfaitement qu’une dissolution serait favorable à l’extrême droite mais, précisément, pour lui, cette victoire serait un moment de la crise révolutionnaire. Elle disloquerait la droite et les macronistes, réduirait la gauche en général et LFI en particulier tout en provoquant une mobilisation antifasciste.
Le leader de La France insoumise a fait une croix sur le niveau de sa représentation parlementaire, dû à la fin du Front républicain et à l’émergence possible d’un arc alternatif à LFI dans la gauche — même si Tondelier-Rousseau ne le souhaite pas et si, ici ou là, il y aura des accords Verts-LFI, comme on le voit déjà aux municipales. Son tournant vers la rue est la conséquence d’un pronostic révolutionnaire autant que électoral. Et s’il y avait un accord technique ou défensif, son objectif est toujours d’être maître d’une rue qui contesterait l’extrême droite au pouvoir.
Au passage, une question se pose : peut-on combattre le national-populisme avec un parti totalitaire, dont l’absence de démocratie interne préfigure sa conception de la démocratie tout court ? Mais Mélenchon n’en a cure. Faure et Tondelier lui ont déjà donné son brevet de gauche « antifasciste » en l’intégrant dans un accord électoral « défensif » lundi soir sur BFM. On a envie de leur dire : « Si le fascisme des années 30 est vraiment à nos portes, alors le moyen le plus économique de lui faire barrage, c’est d’empêcher la dissolution. » Et ce tournant redoutable énoncé par nos leaders vaut bien un compromis budgétaire qui sauvera doublement la France de la banqueroute et du fascisme.

Les Insoumis profitent de la crédulité, de l’inconstance, voire de la duplicité des leaders de la gauche et bombardent le quartier général socialiste, se moquant des prétentions de Faure à être Premier ministre, lui refusant d’emblée toute confiance. Mais, discrètement, suggèrent un accord de non-agression dans les élections partielles.

Dans ce moment d’offensive des populistes, le Parti socialiste à un rôle clé de défense de la République qui ne soit pas le replâtrage macronien qui les nourrit.

Ce qui va vouloir dire une petite clarification à partir du 9 septembre en son sein ; sinon, le PS finira broyé par les événements.

0000

3/ Les multiples discours d’Olivier Faure

La plasticité tactique de Faure n’est plus à démontrer. Dans son genre, c’est un artiste. Elle est décuplée par la situation du PS dans une Assemblée sans majorité, où le gouvernement minoritaire dépend du RN ou du PS. Quand l’un est hostile à l’exécutif, l’autre se retrouve au centre de ses attentions.

Cette position charnière avec le bloc central était déjà celle d’O. Faure lors du débat budgétaire de non-censure du gouvernement Bayrou.
Mais la situation est aujourd’hui dégradée tant du point de vue budgétaire — hausse des taux — que du point de vue politique — autocensure du gouvernement par le vote de confiance.

Dans cette situation de dérapage incontrôlé, O. Faure va tenir parallèlement trois discours :

  • À l’Élysée, il défend sa capacité à ramener les écologistes et les communistes dans un deal avec le bloc central, où Renaissance soutiendrait pendant que LR s’abstiendrait. Son budget est avant tout le gage d’une volonté de gouverner sans LFI, s’engageant à ne pas utiliser le 49.3, donc à ne pas l’appliquer… Adieu taxe Zucman et autre fin de la réforme des retraites !
  • À Marine Tondelier : non seulement il l’aime — comme il le dit sur BFM — mais il est, comme elle, pour un accord défensif avec LFI (un accord sur la répartition des circonscriptions avec un seul candidat de gauche), face au péril fasciste en cas de dissolution. Il y est prêt et ne fera pas n’importe quoi pour l’éviter. En gage de bonne volonté et en attendant, il participe au programme d’urgence des écologistes qui ne remet ni en cause le programme du NFP ni celui du PS. Mais voilà, Tondelier en profite pour dire que cela débouche sur un gouvernement de toute la gauche, donc LFI incluse. Pas grave : le Premier secrétaire, peu contrariant à son endroit, ne s’en formalise pas. Il ne relève pas, mais suggère que LFI ne veut pas aller au pouvoir et qu’il faudrait leur proposer de s’abstenir lors d’un vote de confiance. L’essentiel pour Faure étant que, quel que fût le cas de figure, les écologistes ne tombent pas dans un accord préférentiel avec les mélenchonistes.
  • Au PS, il défend l’ambiguïté stratégique. Sa disponibilité ministérielle est un leurre pour mettre le PS au centre et le budget est le gage de sa volonté de discuter avec le prochain gouvernement, quel qu’il soit. Le voilà pour le compromis — lui qui préconisait la rupture au congrès de Nancy — pour une non-censure évitant ainsi la crise pour le pays, ce que redoute son opposition interne, et la dissolution, ce dont ne veut absolument pas le groupe parlementaire. Faure demande en contrepartie un « silence dans les rangs »pour réussir la manœuvre, ce qu’il obtient. En même temps, il fait envoyer une circulaire aux fédérations pour désigner des candidats dans toutes les circonscriptions, mais travaille sur un accord Verts-PCF-Place Publique qui laminerait LFI et serait profitable au PS, ce qui ravit ses adversaires internes. Tout le monde fait comme si les écologistes étaient prêts à cette gymnastique, alors que ces derniers ne démordent pas : question de pousser LFI hors de la gauche. Dans le même temps, il susurre mezzo voce à ses proches qu’il a isolé Glucksmann et Hollande après Cazeneuve et devient incontournable pour la primaire non mélenchoniste Tondelier-Ruffin, où il n’a plus d’adversaire crédible.Arguments auxquels son entourage semble donner peu de crédit : non seulement ils rient sous cape quand, faussement naïf, Faure dit « 1er ministre, ça peut marcher », mais la révélation du scandale journalistique Legrand-Cohen n’est pas tant la connivence journaliste-politique ou l’invraisemblable café du commerce « Canfin + Ruffin = Glucksmann à la présidentielle »que le fait que deux des plus proches de O. Faure, Broussy-Jouvet, défendent in fine cette candidature « On sera tous derrière Glucksmann », zappant la candidature de Faure devant deux des plus influents journalistes à gauche. À moins bien sûr que ce ne fût la première des contorsions de Faure au début de l’été, sortant du congrès du PS gagné sur une promesse d’union à gauche.

Ce bras articulé — dont on concédera qu’il n’est pas sans contradictions (voilà ce que coûte de perdre un congrès) — n’est possible que parce que nous sommes dans le calendrier de l’avant, et donc dans le tout est ouvert, même le plus improbable. Mais à partir du 9 septembre, il faudra assumer une des positions, d’autant que, le 10, le mouvement social entre en scène.

Et comme disait F. Mitterrand : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. »

0000

4/ Le 10 : la mouvance “no way” s’élance

Dans un moment d’éclipse du politique, selon le sondeur Frédéric Dabi, le mouvement social tente l’autonomie.

L’impuissance de l’exécutif, sans autre alternative que le RN, joue le rôle d’accélérateur d’un mouvement profond.

L’opinion est lassée par les délices des jeux parlementaires qui ne débouchent sur rien et ne pèsent sur rien. Ce que j’ai appelé l’« immobilisme agité » est concomitant à une avant-garde sociale, « ni droite ni gauche mais NO WAY », qui s’avance ! C’est un refus sans but ni chemin, sorte de « Nuit Debout du blocage » qui tente la bascule vers le débordement social en cristallisant les colères.

On se souvient que, dans la préparation du retour du général de Gaulle, Michel Debré animait une feuille de chou intitulée Le Courrier de la colère. Cette figure est un classique des mouvements politico-sociaux français, de droite ou de gauche : Poujadistes 1956, retour de De Gaulle 1958, mineurs 1963, jeunesse 1968, Gilets jaunes 2025 : c’est la colère, toujours la colère — et aujourd’hui elle est numérique. De nos jours, on a tort de vouloir mesurer un mouvement à son apparition dans le monde visible. La mesure, la réalité, est d’abord dans le monde virtuel des réseaux sociaux, comme la pétition d’un million de signatures contre la loi El Khomri, l’utilisation massive de Facebook pour les Gilets jaunes ou la pétition en ligne de 2 millions de signatures contre la loi Duplomb, qui n’a conduit à aucune manifestation publique. Pour le « 10 », 40 000 interactions sur une plateforme est plus qu’un indice. Et l’énorme trafic numérique autour du lancement de l’appel, un autre.
On trouve évidemment tous les professionnels de la colère dans les assemblées générales qui préparent l’événement : 500 à Nantes ; 400 à Lyon ; 300 à Montreuil ; 300 en Île-de-France ; 400 à Montpellier ; 150 à Strasbourg ; avec les syndicalistes des différentes organisations trotskystes, anarcho-syndicalistes, Révolution permanente, ou simplement des radicaux de tout poil, parfois de l’ultra-droite ou complotistes. Mais, comme dans les coordinations étudiantes de la fin des années 70, le mouvement est jaloux de son indépendance, refuse la récupération et chacun tait son ancrage partisan.
La légende urbaine distillée par les plateaux de CNews veut que le mouvement ait moins d’ampleur vu la récupération de l’ultra-gauche. La détestation de tout ce qui est à gauche de l’axe RN-Retailleau-Zemmour, qui fait son succès, finit par obscurcir le raisonnement. Si ce mouvement a une certaine ampleur, il n’avait pas la force de bloquer le pays. LFI et l’extrême gauche ne sont que les mouches du coche de la protestation : en l’instrumentalisant, ils l’étayent mais ne la transforment pas. Car il s’agit des prémices d’une cristallisation radicale de ce qui mature et grouille dans les profondeurs de la société. Le mouvement du 22 mars n’était pas 68 ; n’empêche qu’il exprimait ce qui venait. Ce mouvement n’est pas non plus les Gilets jaunes, mais il monte sur leurs épaules. Et il a sa forme spécifique : un ancrage idéologique certain, une défiance totale vis-à-vis de toutes les institutions quelles qu’elles soient, un moteur — les injustices économiques et sociales, et une génération 35 ans diplômée, largement précarisée, dont les réseaux sociaux sont la première langue, adeptes qu’ils sont de l’horizontalité.
Toutes les études — Antoine Bristielle à la Fondation Jean-Jaurès, le livre de Peter Turchin Chaos, ou encore l’entretien de Laurent Jeanpierre à Mediapart — convergent sur l’analyse sociologique et son irruption due à la désintégration du politique. Le mot d’ordre « Bloquons » est non seulement une distance vis-à-vis des formes traditionnelles du mouvement social (grèves, manifestations) mais n’exprime aucune autre demande que de bloquer le système : un rejet sans autre perspective que manifester le rejet. Il y a une forme de nihilisme, au sens étymologique du terme, dans ce mot d’ordre.
Peu importe la puissance de ce premier tremblement de terre. La lettre de Retailleau au préfet, qui réitère le dispositif des Gilets jaunes, va surjouer son rôle — on devine pourquoi — et stimuler l’amorce de contestation. Il faut être attentif aux répliques qui peuvent libérer un tous ensemble — et d’abord ceux qui furent frustrés de la fin de la réforme des retraites, mais pas seulement : ce torrent en formation peut charrier toutes les radicalités, de l’écologie aux agriculteurs, des quartiers en passant par la Palestine, etc.
Les syndicats ne sont pas dans la même situation que dans le mouvement des retraites, qu’ils avaient pour ainsi dire initié et encadré : là, ils sont poussés et à deux doigts d’être débordés, même s’ils donneront un contenu revendicatif à la journée du 18 que le 10 prépare. Les syndicats sont dans une situation intermédiaire entre les Gilets jaunes (où ils étaient spectateurs) et la réforme des retraites (où ils étaient acteurs). Pour autant, il n’y aura pas obligatoirement la grève générale le 19, mais l’obligation d’une nouvelle journée nationale ; et il est fort à parier que le « On a eu Bayrou, on aura Macron » va surgir sous une forme ou une autre — comme les black blocs d’ailleurs. Il faut dire que la plaine est sèche.

Une immense armée de réserve de précaires, sans autre horizon que la galère, se désespère ; elle est en train de faire jonction avec des couches moyennes bloquées salarialement depuis des années au nom de la compétitivité tout en étant pressées fiscalement ; le point de jonction est un « tout le monde déteste les élites ».

Les derniers sondages Odoxa sur l’état de l’opinion manifestent une coupure totale avec l’exécutif — 68 % des Français souhaitent le départ de Macron — et vis-à-vis des oppositions dont les Français imaginent qu’elles ne servent que leurs intérêts, quand elles ne sont pas corrompues.

On appelle cela un moment populiste.

Il n’a pas — pas encore — de mot d’ordre central ni d’objectif revendicatif, d’autant que la chute de Bayrou dérobe l’objet de fixation, mais va permettre de faire s’exprimer le dégagisme latent de la société.

Mazarine M. Pingeot a joliment résumé dans La Montagne le moment : « La colère s’exprime sans horizon, piétine, mais à ne pas s’exprimer, elle dévaste. »


À dimanche prochain.