6010 Jours de guerre en Europe

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La bombe budgétaire ; Les instantanés de campagne ; La série

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1- La bombe budgétaire

La crise finale du macronisme bouscule tout, sorte de décomposition générale. Elle s’exprime avec force dans la crise budgétaire qui est devenue pour la Cinquième République ce que fut la crise algérienne à la Quatrième République : un kyste qui gangrène la République. Personne ne veut réellement s’attaquer au sujet, mais il s’aggrave de jour en jour et pèse sur toutes les questions politiques et sociales.

Le Premier ministre a présenté son budget, immédiatement jugé « comme une provocation » par Boris Vallaud, président du groupe socialiste.

Il s’agit surtout d’un exercice dominé, on pourrait dire écrasé, par le poids de la dette dont la charge représente le premier budget de la nation qui, par voie de conséquence, mine les urgences sociales, écologiques, sécuritaires et militaires.

Le déficit de la France n’est pas une fiction, alors que les taux d’emprunt des États sont repartis à la hausse, retrouvant les standards atteints pendant la crise financière il y a 20 ans.

En France, les déficits retrouvent le niveau de… 1946, un « niveau inédit depuis la création de l’euro », s’alarme le quotidien Les Échos.

La dette publique s’envole à 119 % du PIB, 3 595,5 milliards d’euros, c’est-à-dire 52 144 € par habitant : c’est assurément un gros découvert. Mais le plus grave, ce sont les 57 milliards par an consommés au paiement des intérêts qui montent en flèche chaque jour un peu plus.

Le redressement budgétaire est d’abord un impératif catégorique et le jugement doit porter sur l’équilibre des efforts nécessaires de la nation.

Efforts qui ne sauraient reposer sur la seule classe moyenne et ne peuvent interdire les investissements nécessaires à la croissance.

Ensuite, il faut distinguer le débat sur le budget et la motion de censure.

Le PS, par les voix de son premier secrétaire et de son président de groupe, a décidé d’opter pour la censure.

Cette attitude a priori est renforcée par la perspective de la présidentielle et elle est jugée sans risque par l’attitude du RN, qui semble exclure d’avoir recours à la censure.

Si la posture « fier-à-bras » s’explique ainsi, les conséquences psychologiques et politiques sont désastreuses.

D’abord, le PS semble nier la gravité de la situation. Ensuite, il donne l’impression de n’avoir aucune autonomie de jugement vis-à-vis de La France insoumise. Enfin, il abandonne au RN le talisman de la responsabilité, lui octroyant pour demain le beau rôle pour faire porter à la gauche le chapeau d’avoir joué la politique du pire.

Doit-on pousser la BCE à intervenir pour soutenir la France, ce qu’elle ne peut faire sans un programme de redressement ? Les socialistes veulent-ils porter cela devant l’opinion ? Et ceci alors que les Français s’inquiètent de l’inflation (plus haut niveau depuis le record de 2024), de la hausse du prix du carburant et du fuel, des risques de conflits et d’autres joyeusetés, comme le retour du chômage de masse.

Le PS devrait dire que, face à une crise budgétaire sans précédent, il ne se résout ni à ce que la France n’ait pas de budget ni à ce que celui-ci soit injuste. Il serait temps de comprendre que, pendant les travaux de la présidentielle, la crise budgétaire continue : elle est tout à la fois révélatrice de la décomposition du pays et l’accélère.

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2-Les instantanés de campagne

● Les élections sénatoriales résument le glissement de terrain en France. Le RN obtient un groupe grâce aux « droitards » du Sud et à l’effondrement du secteur viticole dans le Sud-Ouest, alors que les gauchos lepénistes du Nord n’y arrivent pas. Mélenchon place son gendre grâce à la dissidence chez les écologistes. Ces derniers subissent le contrecoup de leur recul aux municipales. La droite se tasse pendant que le PS s’effrite. L’interminable règne de G. Larcher continue, sachant que la victoire possible du RN va conférer à la chambre haute le statut de défenseur des droits. Cette législature risque d’être moins calme pour les sénateurs qu’on le croit.

● Marine Le Pen accroît son avance au premier et surtout au second tour (sondage Toluna Harris Interactive) sous le double impact de la division du bloc central et d’une gauche empêtrée dans son débat entre front républicain et union de la gauche avec LFI. Il s’ensuit une forme de résignation à droite, quand ce n’est pas une adhésion visible aux sénatoriales, et de découragement à gauche.

● Une polémique comme la France les aime, où tout le monde peut jouer, l’espace d’une journée, les tartuffes. Les propos clairement antisémites prêtés au président du RN lorsqu’il avait 17 ans sont insupportables, intolérables, inacceptables. Mais comment peut-on croire que Bardella, repéré, choyé, chouchouté par le gudard Chatillon, Bardella à la jeunesse biberonnée par le négationniste Soral, Bardella assistant de J.-F. Jalkh, qui fut démis de ses fonctions de président du RN (déjà) pour antisémitisme, Bardella, patron de Génération nation dont le sigle n’est pas sans rappeler la très fascisante « Jeune Nation », Bardella admirateur de Jean-Marie Le Pen et la Shoah, détail de la guerre, comment, avec cet engagement et ces parrainages, pouvait-il échapper à un antisémitisme dans sa prime jeunesse avant de le cacher comme tous les autres ? Marine Le Pen était dans la direction du FN lors des propos antisémites de son père ; elle n’a pas démissionné à l’époque pour protester. Comment un parti fondé par un ancien Waffen-SS et des multicondamnés pour antisémitisme peut-il attirer autre chose que des xénophobes de toutes natures et des antisémites ? C’est l’un d’entre eux, Duprat, qui suggéra de substituer facialement aux Juifs les immigrés pour progresser électoralement. La révélation de Mediapart n’étonne que ceux qui ont gobé la dédiabolisation ou estiment que ne pas afficher l’antisémitisme tout en revendiquant la xénophobie pour les « musulmans » ou les Arabes vaut passeport pour la démocratie. Par contre, deux enseignements nous intéressent. Qui a passé ces textes à Mediapart pour « flinguer » le petit prince de l’extrême droite ? Une confirmation des tensions internes au RN entre les « identitaires » (le RN d’abord) et les « unitaires » (l’union des droites) ? L’autre enseignement est le retour de la citadelle assiégée, avec une Marine Le Pen agressive, violente et vulgaire, avec « son costar en Kevlar », qui, tout à coup, laisse entrevoir sa véritable nature si elle était au pouvoir.

Mediapart a présenté des preuves. Bardella les conteste et a choisi, pour ce faire, la démarche juridique la plus longue. Il se donne de l’air, mais le voilà dévoilé.

● Près de 400 lycées perturbés, 900 actions : nous entrons dans la vraie stratégie des Insoumis et de leurs proxys trotskisants, qui est celle de la préparation de la confrontation maximale et centrale au lendemain de la présidentielle, contre l’extrême droite, gagnante ou pas, Mélenchon au deuxième tour ou pas. Mais ce type d’instrumentalisation n’est praticable que si la plaine est sèche. La situation de délabrement de l’Éducation nationale, des conditions d’études pour les étudiants, est indéniable. Quant à l’avenir de la jeunesse, il est bouché : c’est la « génération angoissée », sans autonomie possible vu le précariat des familles, sans espoir de faire mieux que leurs parents dans un monde pollué, en état de guerre. Cette angoisse pour le monde qui vient, combinée à l’imminence de l’arrivée de l’extrême droite, provoque un climat propice aux mouvements. Le dentifrice est sorti du tube ; il n’est pas aisé de l’y faire rentrer. Et ce mouvement de la jeunesse, « plaque sensible de la société », annonce d’autres explosions. Une fois de plus, la France file un très mauvais coton.

● Un sondage à la veille du deuxième débat de la primaire socialiste a, paraît-il, rempli de joie les partisans de R. Glucksmann, qui ferait 11 %, Faure, Guedj, Royal 3 % et Maurel 1 %. Mélenchon est loin devant E. Philippe au second tour, M. Le Pen gagnante : il n’y a pas de quoi se réjouir du résultat, d’autant que, pendant ce temps-là, la jeunesse est dans la rue sans un seul message du PS.

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3-La série

Il s’agit d’un chapitre additionnel à la série de l’été, les enseignements de notre histoire 1905–2017, qui résume, à votre demande, les dix ans de l’histoire contemporaine du PS.

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Chapitre 10

2017–2027

La traversée du désert

A-La manœuvre en retraite

● Le PS sèchement battu à la présidentielle. La totalité des cadres éliminés aux législatives ou ne s’étant pas présentés pour ne pas l’être. Le premier secrétaire qui voulait être tête de liste aux européennes l’année suivante, contraint d’être candidat devant l’absence de leader aux législatives, battu dès le premier tour. Il s’agit d’une débâcle sans précédent depuis 1971. Dès le soir du résultat, Thierry Mandon appelle à la démission de la direction, soutenu par les animateurs de la « Novida », M. Fekl, C. Delga, N. Vallaud-Belkacem, J.-F. Debat, O. Faure, qui demandent la mise en place d’une nouvelle génération.

● Les difficultés financières prennent le PS à la gorge : les 15 millions mis de côté pour la présidentielle ont été consommés dès le premier tour. Un important emprunt contracté par Martine Aubry pour le deuxième tour de l’élection de F. Hollande vient à échéance. Les cotisations des élus sont en chute libre et le PS a perdu près de 20 000 adhérents en quelques semaines. Le financement public passe de 24,9 millions d’euros à 7 millions et implique un plan social. Pour faire face, Cambadélis et le trésorier J.-F. Debat décident la vente de Solférino, le local emblématique du PS depuis 1980. « Cela fait partie d’une manœuvre en retraite pour sauver l’essentiel, reconstruire et avoir une autonomie stratégique à la prochaine présidentielle », déclare Cambadélis au BN.

● La désagrégation continue : le 1er juillet, le candidat du PS à la présidentielle, B. Hamon, crée le « Mouvement du 1er juillet » (M17.17) ; il emmène avec lui une partie des cadres de la gauche du PS.

● Manuel Valls, ancien Premier ministre socialiste, réélu sous la bannière macroniste, siège sur les bancs macronistes. G. Collomb, maire PS de Lyon, est ministre de l’Intérieur ; J.-Y. Le Drian, ancien président de région socialiste, est ministre des Affaires étrangères, alors que la jeune garde du macronisme, dite les « Mormons », était toute au PS, principalement dans le courant DSK. L’écologiste ayant participé à la primaire PS, F. de Rugy, est président « En marche » de l’Assemblée nationale. Et la star des écologistes et de la gauche, N. Hulot, est lui aussi ministre.

● La défaite n’est pas seulement un coup du sort conjoncturel. Elle amplifie le recul local de 2014, laisse le PS sans leadership présidentiable, sans doctrine ni stratégie dans la fin du bipartisme, l’oblige à réduire la voilure immobilière (Solférino) et organisationnelle (plan social, fin de l’université de La Rochelle, CN remboursé, etc.).

● Le Conseil national du 8 juillet prend acte de la démission du premier secrétaire au 1er septembre, qui a fait adopter à l’unanimité (moins deux contre) une résolution de reconstruction « Ni Macron ni Mélenchon ». Et, à l’unanimité, une équipe de transition.

– Guillaume Bachelay et Christophe Borgel, piliers de l’équipe Cambadélis, décident, comme 80 % des députés battus, de se tourner vers le privé, alors que les « sages » de la direction, comme A. Bergounioux ou H. Weber, sont contraints à s’éloigner.

– Le n° 2 du PS, Rachid Temal, devient premier secrétaire par intérim avec une direction provisoire de 28 membres venant se substituer au BN.

● Rachid Temal effectue la vente de Solférino, organise le plan social, réorganise l’appareil, stoppe l’hémorragie militante, exclut le frondeur G. Filoche pour ses propos antisémites, lance la préparation du congrès du PS.

● Le congrès d’Aubervilliers (métro Front populaire), les 7 et 8 avril 2018.

– Un certain nombre de candidats au poste de premier secrétaire, Delphine Batho, Myriam Petit, Julien Dray, Matthias Fekl, Emmanuel Grégoire, renoncent. Puis Najat Vallaud-Belkacem et Rachid Temal en font autant. O. Faure se présente. Il décide de quitter la présidence du groupe qu’il avait conquise en 2017 avec le soutien des frondeurs et retrouvée après sa réélection. Stéphane Le Foll, réélu député, se porte candidat, comme E. Maurel pour la gauche du PS et Luc Carvounas, proche de M. Valls mais ayant rompu après son passage à En marche.

– Il n’y aura pas de contributions générales mais 36 contributions thématiques.

– La motion O. Faure : 48,37 ; Le Foll : 24,45 ; E. Maurel : 18,80 ; Luc Carvounas : 6,88.

– Le Foll ne se présente pas au second tour pour le poste de premier secrétaire ; O. Faure, seul en lice, est élu.

● La promesse d’Aubervilliers : le discours final d’O. Faure appelle à la rénovation du PS sur une orientation « ni Macron ni Mélenchon ».

Il se prononce pour le dépassement des anciens courants et rend hommage aux présents au congrès, du vétéran mitterrandiste Louis Mexandeau aux deux anciens Premiers ministres J.-M. Ayrault et B. Cazeneuve, à l’ancien premier secrétaire J.-C. Cambadélis et à R. Temal. Il rend aussi hommage à l’action du président Hollande, sous les applaudissements.

B-La stratégie du substitut

● Les sondages ne présentent aucune amélioration pour le Parti socialiste, qui est pris dans une réflexion existentielle. « La marque est morte », déclare l’animateur de la gauche du PS et ancien frondeur L. Baumel. O. Faure constate, amer : « Tout changer, à commencer par le nom, c’est ouvrir une crise interne ; ne rien changer, c’est le déclin. » Le PS est dans une extrême faiblesse : les fédérations se réduisent comme peau de chagrin, des villes et des départements n’ont plus de sections. Et le débat national ne passe plus par le PS, qui a perdu sa centralité à gauche.

● Durant l’été 2018, le PS entreprend, en vue des européennes, des démarches vis-à-vis des écologistes, du PCF et d’un mouvement qui vient de se créer, Place publique, dont l’objectif, selon son fondateur, R. Glucksmann, est de débarrasser la gauche du PS et des Verts, et de prendre leur place. O. Faure anticipe sa défaite s’il était tête de liste. Il cherche des solutions alternatives ; un sondage ne le rassure guère : Cazeneuve, Taubira, Cambadélis 7 % et R. Temal 8 %.

● Le 27 janvier 2019, c’est le tournant pour pouvoir s’unir avec Place publique et les écologistes ou éviter qu’ils s’unissent contre le PS. O. Faure décide de rompre avec l’orientation dessinée à Aubervilliers. Dans un discours à Ivry-sur-Seine, nouveau siège du PS, il lance un réquisitoire contre les années Hollande : stigmatisant une absence de vision, « une dérive d’un pouvoir qui est sorti de son socle des valeurs », et de citer le refus de la mise à plat de la fiscalité, la déchéance de nationalité, la loi travail. Il conclut par une sentence sans appel : « Les Français ont le sentiment d’avoir été trahis. » Le PS rompt avec le « ni Macron ni Mélenchon » et fait son entrée dans le cercle de la radicalité incarnée par J.-L. Mélenchon. Cette radicalité va être théorisée comme la nature nouvelle et réelle de la gauche. Le PS retrouve une place non conflictuelle dans les manifs : c’est l’argument choc d’O. Faure. Reste à savoir si cela est électoralement parlant. Le PS passe quand même au travers des mouvements sociaux, que ce soient les Gilets jaunes ou les mouvements climatiques. Par contre, R. Glucksmann et les écologistes attestent de la vraie rupture de Faure avec la législature Hollande.

● Le premier secrétaire propose que le PS fasse liste commune avec Place publique et, si possible, les Verts. Ces derniers déclinent. L’accord se fait autour de la candidature de R. Glucksmann, tête de liste. Il provoque une contestation au PS : P. Kanner, R. Temal, L. Carvounas. S. Le Foll et Ségolène Neuville quittent le BN pour protester contre l’invisibilité du PS au profit d’une tête de liste qui fait de la rupture avec les années Hollande le viatique de son offre politique. Mais crise aussi à Place publique, avec le départ de Thomas Porcher et Claire Nouvian, qui refusent cette alliance, la souhaitant plus à gauche et d’abord avec les écologistes.

● La campagne est marquée par l’incertitude du Brexit voté en 2016. Les sondages sont catastrophiques pour « R. G. », qui est à moins de 5 %. La direction du PS demande à Cazeneuve, Hollande, Taubira, Cambadélis de venir prêter main-forte dans les 15 derniers jours (meetings, interventions médiatiques, etc.).

● Résultat : Bardella 23,34 ; Loiseau 22,42 ; Jadot 13,48 ; Bellamy 8,48 ; M. Aubry 6,31 ; Glucksmann 6,19. Ce dernier est réduit au score de Hamon.

C-La présidentielle 2022

● L’échec des européennes et les conditions de la constitution de la liste ont choqué une partie du PS qui se met à chercher un moyen de stopper ce qu’ils estiment être une spirale de l’effacement.

– S. Le Foll, F. Rebsamen, P. Kanner, J. Dray, Luc Carvounas envisagent un moment R. Temal, mais la piste est abandonnée.

– P. Mennucci est aussi à la recherche d’une candidature. Lors d’une réunion chez lui, P. Doucet propose à Cambadélis, présent, la candidature d’H. Geoffroy, ancienne ministre de F. Hollande. P. Mennucci assure sa disponibilité. H. Geoffroy, en effet, accepte, et se constitue autour de sa candidature le réceptacle de tous ceux qui résistent à la gauchisation du PS : Le Foll, Dray, Cazeneuve, Hollande, Mennucci, Doucet, Temal, Cambadélis. C’est la naissance de « Debout les socialistes », sorte de fil de continuité des socialistes devant le tournant vers la radicalité. On ne les appelle pas encore les sociaux-démocrates. Les fondamentaux du courant seront le refus de l’effacement, le « grand parti de la gauche » refondé, réaliste, social-écologiste, le front de classe, la République moderne et l’Europe puissance.

● Anne Hidalgo, maire de Paris, principal trophée des socialistes dans des municipales moroses où ces derniers ont beaucoup lâché aux écologistes, fait un pas vers la présidentielle en proposant de s’appuyer sur le réseau des maires. D. Assouline dirige sa campagne dans laquelle s’engagent Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, Johanna Rolland, maire de Nantes, Nathalie Appéré, maire de Rennes, M. Klein, maire de Nancy, etc. Carole Delga, présidente de région, préside son comité de soutien.

– Les élections européennes ont été un échec, les municipales de 2020 et les régionales de 2021 sont maussades.

● Malgré une politique d’E. Macron marquée par une inflexion à droite sur le plan social, le PS ne retrouve pas son statut d’alternative (modification du droit du travail, du statut de la SNCF, réforme de l’assurance chômage, suppression de l’ISF, mise en place de Parcoursup, etc.).

– En dépit d’une très nette droitisation du champ politique avec la présence d’E. Ciotti au second tour de la primaire des Républicains, l’irruption du pamphlétaire d’extrême droite E. Zemmour dans les candidats possibles et des sondages cumulés donnant les deux prétendants nationalistes (avec M. Le Pen) à plus de 35 %, le PS ne remonte pas, comme si le ressort était cassé, mais pour autant travaillant plus à l’unité qu’à se refonder. L’effacement devant R. Glucksmann n’a pas produit un nouvel élan dans un élargissement du PS. Ni le premier secrétaire ni le député européen ne l’ayant souhaité.

● Le congrès de Villeurbanne.

– Anne Hidalgo réunit les maires socialistes autour d’elle mi-juillet ; elle fait un pas de plus vers la candidature sans que la direction du PS soit impliquée. O. Faure est symboliquement relégué derrière sur la photo de l’événement. Puis, fin juillet, elle accepte de signer la motion d’O. Faure qui s’en sert pour tenter de « tuer » le match pour le congrès.

– Le 12 septembre, devant l’imminence du lancement de la candidature d’Y. Jadot début octobre, Anne Hidalgo précipite sa candidature sous un chapiteau installé sur le quai de Seine à Rouen : « Rouen est une ville qui incarne si bien une France populaire, industrieuse, qui pense son histoire à l’aube de la crise climatique. » Elle donne à sa candidature une coloration très écologiste. Puis elle publie son livre « Une femme française », dans lequel elle propose une augmentation des salaires, notamment ceux des enseignants, qui « seraient doublés en 5 ans », ce qui n’était pas dans sa plateforme de 2021, les « idées en commun ». Malgré la polémique qui s’ensuit, elle est sondée à plus de 16 %.

– Les 18 et 19 septembre s’ouvre le congrès. Anne Hidalgo a signé la motion du premier secrétaire mais ne participe pas au congrès. Elle a mis les socialistes devant le fait accompli de sa candidature mais accepte une primaire qu’elle refusait. La commission de la primaire se réunit avec les représentants des candidats potentiels. S. Pribetich représente Stéphane Le Foll. D. Assouline représente Anne Hidalgo. Sébastien Roy représente J.-C. Cambadélis. Sont également présents le représentant d’O. Faure, C. Da Silva, et des courants : TO B, S. Vincini et P. Jouvet ; TO A, P. Mennucci et P. Doucet. La primaire est vidée de son contenu : pas de débat public, pas de débat médiatique, pas de confrontation devant les militants ; elle est réduite aux seuls adhérents à jour de cotisations qui viennent de voter à plus de 70 % pour la motion Faure-Hidalgo. Cambadélis jette l’éponge : « Ce n’est pas une primaire mais un vote de ratification. » S. Le Foll se maintient car il estime « que les militants ont droit au débat » ; il réclame une confrontation avec A. Hidalgo qu’il n’aura pas.

– La surprise du congrès vient du score de la motion A d’Hélène Geoffroy : 27,96, alors que tout le monde s’accordait, O. Faure le premier, à la voir à moins de 10 %. La motion B d’O. Faure a 72,02.

– A. Hidalgo fait de J. Rolland sa directrice de campagne. La maire de Nantes ne peut s’y consacrer à plein temps. O. Faure est marginalisé et manifeste son mécontentement en tenant fermés les cordons de la bourse en vue des législatives.

● La primaire du pôle écolo désigne Y. Jadot avec 1 point d’avance sur Sandrine Rousseau, qui est la marque d’une poussée à gauche des militants écologistes.

● Les sondages dénotent un gros trou d’air de la candidate des socialistes. Elle tente de reprendre la main. Le 8 décembre, à la surprise générale, A. Hidalgo propose une primaire de toute la gauche. Celle-ci est refusée par Y. Jadot et J.-L. Mélenchon mais provoque aussi la colère de C. Delga. Cette démarche souligne une faiblesse plutôt qu’un rebond. Elle ne refuse pas non plus de participer à la primaire populaire (initiée par l’ex-frondeur C. Paul), contrairement aux Insoumis et aux écologistes.

– C. Taubira sort gagnante du scrutin, déclare sa candidature avec C. Paul comme directeur de campagne et le soutien du Parti radical de gauche.

– Des voix s’élèvent dans l’entourage d’O. Faure pour envisager la candidature de Taubira.

– Faure met la question à l’ordre du jour du BN pour trancher, ce qui donne l’image d’une crise. H. Geoffroy et ses amis au BN, P. Mennucci et P. Doucet, s’y opposent fermement. Mais le mal est fait : pour l’opinion, les socialistes ne croient plus en la candidature puisqu’ils sont pour se soumettre à une nouvelle primaire ; l’électorat va se mettre en recherche d’un vote utile.

– Taubira renonce faute de signatures suffisantes.

– La primaire populaire appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Ségolène Royal fait de même. Éditorial de Bouchet-Petersen dans Libération pour éviter le face-à-face Le Pen-Macron, etc. Le vote utile pour JLM embraye.

– La campagne d’A. Hidalgo tourne au désastre : 1,75 %, pire que le score de B. Hamon. J.-L. Mélenchon est à 400 000 voix du second tour où M. Le Pen et Macron sont qualifiés. Des responsables se prononcent pour la démission de Faure, « comme Jospin ou Cambadélis le firent ». O. Faure absorbe le choc mais ne démissionne pas. « Il faut faire alliance avec Mélenchon », déclare-t-il, puis le rencontre dans l’entre-deux-tours de la présidentielle. L’accord est esquissé.

– Macron réélu, mais on parle de présidentielle ratée ou sans élan.

D-La Nupes

● Pour la deuxième élection présidentielle consécutive, la gauche n’est pas au second tour. Le rapport de force s’est inversé dans la gauche. J.-L. Mélenchon, ayant cristallisé le vote utile, domine celle-ci. Même si le PS reste très largement majoritaire dans les collectivités locales. La Nupes va accentuer la perte de centralité du PS sans pourtant faire prospérer l’implantation locale. La tactique mise au point par O. Faure est très largement défensive et vise à protéger les sortants dont il fait partie.

● La Nupes se caractérise par l’exigence de J.-L. Mélenchon — qui demande au pays de l’élire Premier ministre — d’une candidature unique par circonscription, sorte d’OPA des Insoumis sur la gauche. Le PS retire ses candidats et obtient 70 circonscriptions sur 577, lâchant aux Insoumis les meilleures circonscriptions à gauche. Mélenchon le justifie en estimant qu’il « ne s’agit pas de la continuité du Front populaire, de l’Union de la gauche ou de la Gauche plurielle, mais d’une autre époque où c’est le programme de rupture qui structure l’union ».

– Le PS sauvera ainsi 30 circonscriptions et un groupe, mais LFI va dominer la gauche à l’Assemblée et l’entraîner dans la conflictualité.

– Les négociations sur la plateforme commune sont menées par C. Narassiguin, B. Vallaud, L. Baumel, P. Jouvet, S. Vincini. Elles débouchent sur les items de La France insoumise : SMIC à 1 500 €, retraite à 60 ans, blocage des prix.

– L’accord provoque une contestation dans le PS. C. Delga s’oppose à La France insoumise dans sa région. Bernard Cazeneuve va quitter le PS en signe de protestation. S. Le Foll critique le fond programmatique et la forme de l’accord, et pronostique l’effacement. Pour Cambadélis, ce n’est pas une « union mais une reddition ». Mais c’est H. Geoffroy qui, avec P. Mennucci, P. Doucet, F. Kalfon, R. Temal, porte le fer dans le conseil national du 4 mai. Un tiers du CN refuse l’accord en l’absence de C. Delga et A. Hidalgo. Des candidatures dissidentes voient le jour avec le soutien du Parti radical de gauche. Elles prendront date, mais le résultat n’est pas probant : les dissidents sont exclus.

– La controverse est lancée au sein du PS entre les tenants de l’accord pour des raisons stratégiques ou tactiques. Soit en théorisant la radicalité et l’union de la gauche comme substitution à la refondation de l’identité (O. Faure – L. Baumel). Soit en déclarant : « On fait l’accord, on sauve nos circos, puis on retrouve notre liberté » (L. Rossignol). L’opposition va donc être portée par Hélène Geoffroy et DLS. Elle fait petit à petit des émules. Il faut dire que J.-L. Mélenchon va y mettre du sien, d’abord en refusant de condamner les émeutes des banlieues, ensuite en endossant la campagne sur « la police tue » à l’occasion du mouvement sur la réforme des retraites décidée par la Première ministre E. Borne. La constitution de l’intersyndicale à l’initiative de Berger pour la CFDT et de Martinez pour la CGT le marginalise et fait image pour un autre chemin à gauche ; enfin, le refus de condamner le pogrom du 7 octobre en Israël venant après la justification de l’intervention de la Russie de Poutine en Ukraine par la présence de l’OTAN. Tout cela commence à convaincre une grande partie des socialistes qu’il faut reprendre son indépendance vis-à-vis de LFI.

E-Le congrès de Marseille

27 au 29 janvier 2023

● C. Delga, A. Hidalgo, N. Mayer-Rossignol, Patrick Kanner prennent leurs distances avec l’orientation d’O. Faure. Ils ne veulent pas pour autant faire cause commune avec H. Geoffroy qu’ils trouvent « trop droitière, donc repoussoir » (Assouline).

– Le 2 avril 2023, l’élection partielle de l’Ariège voit la victoire de Martine Froger, candidate socialiste dissidente, contre la candidate LFI de la Nupes soutenue par O. Faure. C’est un signal de plus que le climat à gauche change. La CFDT conforte sa première place comme centrale syndicale devant la CGT : être « réformiste conséquent » n’est peut-être pas perdant.

– Plusieurs motions sont soumises au congrès : Refondation ! Nicolas Mayer-Rossignol ; Gagner ! Faure et les partisans de la Nupes ; Osons, J. Rolland ; Refonder, Rassembler, Gouverner, Hélène Geoffroy, M.-A. Carlotti, P. Mennucci, P. Doucet, F. Kalfon, Cambadélis ; Pour Christine et toutes les autres, Fatima Yadani ; Le sens du combat, MJS ; Ancré à gauche et unitaire, L. Baumel et Mebarek.

– Le vote des motions donne O. Faure minoritaire : H. Geoffroy 20,34, Nicolas Mayer-Rossignol 30,51, c’est-à-dire 50,85, alors que Faure, qui a réuni toutes les autres contributions, fait 49,15. Au poste de premier secrétaire, Faure l’emporte : 51,09 ; Nicolas Mayer-Rossignol : 48,91, devenant premier secrétaire pro-Nupes dans un parti qui ne l’est plus, en tout cas coupé en deux.

– Un désaccord surgit entre les opposants sur l’attitude à observer. N. Mayer-Rossignol et ses amis souhaitent codiriger le PS à parité avec O. Faure et proposent une direction collégiale où le poste de premier secrétaire serait partagé. Hélène Geoffroy refuse d’entrer dans une collégialité tant que la question stratégique ne sera pas tranchée. Mais elle ne veut pas, dans le même temps, affaiblir une opposition à la Nupes en voie de constitution.

– Le congrès est tendu : O. Faure, arrivé en tête, refuse de céder le poste de premier secrétaire ou de le partager. La presse évoque la crise. B. Payan, maire « socialisant » de Marseille, refuse de venir s’il y a une division. Au final, « NMR » accepte une direction collégiale dans laquelle O. Faure serait premier secrétaire et lui, avec J. Rolland, premiers secrétaires délégués. H. Geoffroy refuse de rentrer dans cette direction mais ne veut toujours pas compliquer la visibilité des « anti-Nupes » par une division et accepte la présidence du conseil national.

– Dès le campus de Blois, fin août, la polémique reprend de plus belle. O. Faure caresse l’idée d’une liste commune Nupes aux européennes. B. Cazeneuve n’exclut pas de présenter une liste. H. Geoffroy et les opposants tout autant, revendiquant l’autonomie stratégique du PS. Le MJS travaille, avec l’accord d’O. Faure, à une plateforme commune en vue de l’échéance.

– Suite au 7 octobre, la tension monte d’un cran. Y. Jadot déclare dans Le Point : « La Nupes est morte », et dénonce les dérapages répétés au sein de La France insoumise qu’il qualifie de « staliniens ».

– Le 17 octobre, le PS suspend sa participation à l’intergroupe parlementaire de la Nupes « pour proposer une nouvelle perspective à gauche », puis le conseil national du PS vote à 57 % pour un « moratoire sur la participation du PS aux travaux de la Nupes ».

F-Du rebond des européennes à la rechute du NFP

● O. Faure finit par se résoudre, devant le refus des écologistes et la polémique sur LFI, à faire cause commune avec PP et R. Glucksmann. Ce dernier a adhéré au PSE et assume maintenant une posture très sociale-démocrate.

● J.-L. Mélenchon se réfugie dans une campagne pour Gaza, multipliant les dérapages, initiant un antisémitisme d’atmosphère où « les Juifs sont tous des Israéliens », poussant les étudiants de Sciences Po et faisant de Rima Hassan la figure de la campagne. Sondage après sondage, il recule, mais cette campagne référendaire pour ou contre Gaza lui évite de dévisser.

● Résultat des élections du 9 juin : J. Bardella 31,37 % ; V. Hayer (Macron) 14,60 ; R. Glucksmann 13,83 ; M. Aubry 9,89 ; F.-X. Bellamy (LR) 7,25 ; M. Toussaint (Verts) 5,50 ; M. Maréchal 5,47.

● Dès les résultats connus, le président de la République prend la parole pour annoncer la dissolution, mettant fin ainsi au mandat de son Premier ministre G. Attal qu’il était allé chercher pour gagner les européennes.

● R. Glucksmann, surpris, ne saisit pas la possibilité d’exercer le nouveau leadership obtenu dans cette élection et laisse passer la soirée. Dès le lendemain, Marine Tondelier (Verts), qui doit faire oublier le revers des écolos, propose à O. Faure, qui n’est pas mécontent de retrouver un rôle central, de passer à nouveau un accord avec J.-L. Mélenchon qui veut faire oublier qu’il est à nouveau dominé par les « réformistes » (moins 50 % depuis la présidentielle). C’est la conjuration de ceux qui veulent tourner la page Glucksmann.

● Le Nouveau Front populaire est mis sur pied. O. Faure profite du résultat de R. Glucksmann aux européennes pour exiger des Insoumis de nouvelles circonscriptions. Ce que Mélenchon accepte.

● Le soir du 1er tour, Attal, Faure, Tondelier, Mélenchon constatent que la logique des résultats est la victoire du RN. Le front républicain se met en place, où LFI se retire face à E. Borne ou Darmanin pendant que les candidats d’En marche font de même vis-à-vis des candidats NFP.

● Résultats : Nouveau Front populaire, 193 sièges, dont LFI 72, PS 66, Écolos 38, PC 17. Hollande revient à l’Assemblée nationale ; Ruffin, Autain, Corbière, Simonnet, etc., exclus de LFI, siègent chez les Verts.

Ensemble pour la République : 168 sièges ; Rassemblement national : 143 ; Républicains : 60.

● La France est devenue ingouvernable. Macron ne veut pas lever l’hypothèque du NFP à cause de sa réforme des retraites et refuse donc de nommer un Premier ministre de gauche. Le NFP multiplie les propositions de Premier ministre. H. Geoffroy pousse pour qu’O. Faure présente sa candidature ; Mélenchon refuse. La direction du PS s’oppose à la nomination de B. Cazeneuve. Puis les responsables se mettent d’accord sur la candidature de L. Castets, proche des socialistes à la mairie de Paris, mais qui a travaillé dans la campagne présidentielle de J.-L. Mélenchon.

● E. Macron finit par nommer M. Barnier, LR (constitution du bloc central), qui tombe sur le budget, puis F. Bayrou s’impose de force au président très affaibli avant de tomber lui-même suite à la question de confiance sur le même budget. À chaque fois, la question de la démission du président monte d’un cran.

G-Le congrès de Nancy

● Une nouvelle génération commence à émerger. Karim Bouamrane et son humanisme populaire, Jérôme Guedj et son républicanisme laïque et réaliste, Michaël Delafosse et son municipalisme républicain et P. Brun et sa reconquête des couches populaires. Dans la perspective du congrès de Nancy, leurs noms sont avancés pour prendre la tête du PS.

● Autre évolution notable : Boris Vallaud, président du groupe socialiste, part sous ses couleurs à la conquête du PS. De leur côté, Hélène Geoffroy et Nicolas Mayer-Rossignol se proposent d’unir leurs forces, rejoints par P. Brun qui se présente comme le trait d’union possible.

● Contribution Paul Christophe : le NFP et l’union avec LFI. Boris Vallaud : la reconquête par le combat culturel. H. Geoffroy : sortir de la déshérence de l’Union sans cohérence, la rupture réelle avec les Insoumis, et un candidat social-démocrate à la présidentielle 2027. O. Faure : une plateforme de la gauche non mélenchoniste avec une primaire de Ruffin à Glucksmann. Nicolas Mayer-Rossignol : un nouveau rassemblement de la gauche, notamment avec Place publique. Fatima Yadani et P. Brun : la reconquête des classes populaires.

– Vote des motions : O. Faure 42,02 % ; NMR 40,38 % ; B. Vallaud 17,60 %. À nouveau, la « ligne d’O. Faure » est minoritaire.

● Après des hésitations sur la candidature au poste de premier secrétaire au sein du courant de N. Mayer-Rossignol, puis l’échec d’une candidature de B. Vallaud qui ne souhaite pas des amis d’H. Geoffroy dans une future majorité, ce dernier, le 1er juin, appelle à titre personnel à voter O. Faure pour le poste de premier secrétaire.

O. Faure 51,15 ; NMR 48,85. O. Faure clôture le congrès par un discours « à gauche toute ».

● Le 2 juillet 2025, salle Léo-Ferré à Bagneux, la gauche non mélenchoniste se réunit autour de Lucie Castets. Il s’agit de lancer une primaire de la gauche unitaire, vite rebaptisée « la primaire de la petite gauche » parce qu’elle est sans Glucksmann ni Mélenchon. Celle-ci est de surcroît dans une ambiguïté sur son périmètre puisque, pour Tondelier, Ruffin et Autain, elle doit être ouverte à Mélenchon. La nouvelle direction O. Faure – B. Vallaud participe à cette fondation aux côtés de M. Tondelier et Cyrielle Chatelain, de Génération·s, C. Autain et F. Ruffin, c’est-à-dire le groupe écologiste élargi aux 50 % du PS.

H-Le PS entre deux feux

● S. Lecornu est nommé par Macron avec comme mandat d’éviter la démission du président Macron en faisant voter le budget. L’ancien président F. Hollande avance deux conditions pour un compromis mettant les socialistes au centre du débat. D’abord, la suspension de la réforme des retraites ; ensuite, une plus juste répartition de l’effort de redressement pour les plus riches et les entreprises.

● Le PS va tout à la fois entrer dans les négociations avec Lecornu et endosser la revendication phare de LFI qui est l’instauration de la taxe Zucman.

● Le PS obtient la suspension de la réforme des retraites et un budget plus équilibré sous l’impulsion de J. Guedj et P. Brun, les rapporteurs socialistes.

● Dans la perspective des municipales des 15 et 22 mars 2026, O. Faure indique dès février : « Il n’y aura d’accord ni au premier tour ni au second avec LFI. » E. Grégoire à Paris, B. Payan à Marseille, K. Bouamrane à Saint-Ouen vont être élus en respectant cette orientation, même si H. Geoffroy ou M. Hanotin sont battus à Vaulx-en-Velin et à Saint-Denis pour l’avoir appliquée. Par contre, Faure appelle à voter LFI au deuxième tour à Toulouse pendant que, dans de nombreuses villes, le PS passe un accord avec les Insoumis.

● B. Vallaud quitte la direction du PS, rendant celui-ci ingouvernable car O. Faure est minoritaire mais les statuts font qu’il ne peut être renversé. Pour sortir de cette paralysie, H. Geoffroy et D. Assouline, devenu mandataire du courant C, ainsi que B. Vallaud suggèrent le vote des adhérents qui trancheraient sur l’orientation. Le 30 juin, le conseil national vote une résolution favorable à une consultation pour la présidentielle dans l’espace social-démocrate. Le 9 juillet, à 55 %, les adhérents votent pour une primaire réservée à « l’espace socialiste » plutôt que pour une primaire ouverte aux gauches non mélenchonistes.

● Le vote du 9 juillet clôt la controverse sur l’union plutôt que l’identité qui s’était réfugiée dans la primaire unitaire de Bagneux. La candidature unilatérale de J.-L. Mélenchon à la présidentielle met fin à la parenthèse de l’union dominée par la radicalité.

Elle laisse pendante la question de la refondation du PS et la question stratégique lors des législatives en cas de victoire de l’extrême droite.

À dimanche prochain.