L’abstention aux élections régionales et cantonales a déverrouillé la Présidentielle. 

Les Français ont sanctionné l’indigence de l’offre, l’absence de résultats et le clivage national populistes/libéraux pour toutes perspectives. Pour les électeurs, ces élections ne servaient à rien, dans une France frappée par la déconstruction républicaine et sociale.

Cette abstention de masse a provoqué une accélération Présidentielle, un déverrouillage du duel annoncé, espéré et scénarisé. Nous sommes passés à l’effet portillon. Tout le monde se précipite en même temps. 

Chacun veut voir dans ce résultat un signe de son destin, alors que la France réclame un dessein.

Chacun lit les résultats à l’aune de ses ambitions, ne comprenant pas le message des Français. Pendant que les sondages, comme si de rien n’était, nous content la nouvelle roue de la fortune.  

Le soir du premier tour, les 3 candidats de la droite se sont avancés. Xavier Bertrand qui a l’avantage de l’antériorité et d’un pari réussi a fait image. Les sondages l’ont accompagné.
Valérie Pécresse, elle, tout de blanc vêtue, rappelant opportunément Ségolène Royal, a politisé son succès et s’est laissé le temps de l’été. Quant à Wauquiez, bille en tête, stigmatise ceux qui, une fois élus, enjambent leur élection. 
L’allusion à Xavier Bertrand était claire. La droite ressemble à l’équipe de France de football : trois chasseurs de buts devant, mais pas de système de jeu pour les alimenter. Et un banc de touche avec Retailleau, Baroin, Barnier qui demandent quand faudrait-il entrer en scène ? 

L’enjeu semble simple : soit Xavier Bertrand décolle et le débat est clos ; soit il réussit à faire ticket avec Valérie Pécresse et il clôt le débat. Sinon, la bataille pour le leadership à droite se terminera comme pour l’équipe de France, par l’élimination. 

Mais la bataille à droite va faire rage, car, à nouveau, elle a espoir de retrouver son dû, le pouvoir. Et la mise hors-jeu de Nicolas Sarkozy a libéré tous les appétits.

Mais, indépendamment de “la course des petits chevaux” pour reprendre la formule éculée de Wauquiez. Il y a la réponse à “la France d’aujourd'hui et les Français d’aujourd'hui” pour reprendre celle du Général De Gaulle. Et là, ce n’est pas aussi simple.  

Marine le Pen, en son congrès, déclare qu’elle ne change pas de cap mais va réintroduire le triptyque de la nouvelle droite « Identité, Immigration, Insécurité ».  Ce retour à la virilité du discours demandé par le Patriarche Jean-Marie le Pen est pour l’extrême-droite une nécessité, car elle va être confrontée à une double offre pour faire turbuler le système : l’abstention et la concurrence possible d’Éric Zemmour ou de Dupont-Aignan ; et surtout, à la recherche d’un vote utile pour battre Macron, qui peut déboucher sur le vote pour la droite classique. 

La deuxième droite, celle de Macron, est passablement bousculée. Elle a l’avantage du pouvoir et des institutions. Pour le locataire de l’Élysée : l’attractivité c’est lui. Il est venu le signifier sur les terres de Xavier Bertrand. Et dans un colloque empilant les promesses d’implantation, il va avancer sur les retraites, sans trop provoquer les syndicats et pense ainsi fermer la porte aux prétendants à droite. S’il perd un peu dans les sondages, il gagne à droite. Mais il est dépourvu d’implantation, dominé par Marine le Pen au 1er Tour à une portée de fusil de la droite, dépossédé de l’urgence de faire front à Marine le Pen. Pour la première fois, il n’est plus tout à fait certain d’être au 2e tour.

Et c’est de cela dont il s’agit : la bataille pour être au 2e tour de la Présidentielle. Personne n’est sûr d’y être. Mais personne n’est éliminé ce qui va surdéterminer les concurrents qui vont se multiplier comme des petits pains.

Cela n’a pas échappé à la Gauche. Elle a vu, en plus, sauter le verrou de Mélenchon. Il sera le champion de la radicalité des niveaux signifiants, mais n’est plus la solution à Gauche ; si jamais il l’a été. 

Si le PCF enregistre une nouvelle défaite avec la perte du Val-de-Marne, il va persister dans la candidature de Roussel, bien plus pour rompre avec Mélenchon que pour être président. 

Après les municipales, les écologistes voient dans les résultats du 1er tour la vérification de leur hypothèse : ils sont le nouvel Âge de la Gauche. 
Ils oublient, au passage, les résultats du 2e tour. 

Piolle et Rousseau se lancent dans la primaire, contraignant Jadot à faire de même, en attendant Delphine Batho ; nous voilà, bien loin de la primaire de toute la Gauche.

Un été donc pour les départager, sous le regard fébrile des socialistes, ils espèrent un résultat à la Lipietz, se retirant pour Namer, ou à la Jadot, faisant de même pour les socialistes. Bref, des écologistes s’auto-suicidant ou libérant leur électorat par une candidature trop radicale. 

Anne Hidalgo hâte le pas avec détermination et sérieux pendant que certains évoquent le nom de Carole Delga et Montebourg vient de réaffirmer sa détermination ; voilà les raisons et les arrière-pensées de cette ruée. 

Mais revenons à notre sujet : la France et les Français. Si 2017 a été l’histoire d’un destin, l’année 2022 sera celle d’un dessein. 12 millions de Français ont refusé de se prononcer aux régionales : c’est eux qu’il faut convaincre.

Dans ces conditions, tout est possible. Voilà pourquoi, je présente un projet présidentiel : un projet de Gauche praticable et responsable qui répond à la laïcité, à l'autorité et à la répartition des richesses. 
Je propose face au 3 D (Déconstruction républicaine, Désintégration sociale, Désindustrialisation) une République impartiale, un nouveau Contrat social et écologique, une France d’influence. 


Dans un document que j'ai testé devant des citoyens, je fais des propositions dans tous les domaines.

C’est l’offre qui va créer la demande et non l’inverse.

C’est par l’offre de réponses aux crises conjointes par un programme responsable qui peut nous permettre de construire notre Biden à la française.  

Une Gauche réaliste et responsable, c’est la solution.   
Un projet qui affirme la préférence sociale, la priorité à la République, c’est la solution.  
Cette réponse aux Français doit s’accompagner d’une nouvelle architecture de la Gauche. C’est la solution.
Un Parti Socialiste reformulé, une Fédération des gauches responsables, un candidat de ce pôle, c’est la solution.  

Sinon la ruée vers la présidentielle engloutira tout espoir et les Français laisseront la droite et l’extrême droite avec des conséquences pour le pays. 

 

 

Jean-Chr. Cambadélis

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